« Un policier et sa compagne tués » ou le traitement médiatique asymétrique


Capture d'écran des titres de presse le 14 juin

 

 

Le 14 juin, une nouvelle attaque terroriste a fait la une de nombreux journaux français. Deux personnes ont été assassinées à leur domicile, pourtant, dans les titres de la presse, on remarque une certaine asymétrie…

Lui est commandant de police, elle est secrétaire administrative au sein de la police nationale. Ils ne font pas le même métier, elle est dans des bureaux, lui sur le terrain, mais ce couple est bien un couple de policiers. Pourtant, ce n’est pas ce que retient la presse ce 14 juin puisqu’une grande majorité de quotidiens nationaux ont titré : « Un policier et sa compagne tués ».

Comme trop souvent dans le champ lexical médiatique, la femme n’est ni nommée (son compagnon ne l’est pas non plus dans cette situation), ni même désignée par sa fonction, contrairement à son conjoint. Elle n’est que sa compagne, « sa femme ».

CApture d'écran des titres de presse ce 14 juinCapture d'écran des titres de presse ce 14 juin

Un traitement médiatique asymétrique donc, qui invisibilise la policière tuée, comme si elle n’était qu’un dommage collatéral de l’attaque, ou que sa vie avait moins de valeur que celle de son compagnon. Comme le fait remarquer Géraldine Franck, membre de l’association Genre et Ville, sur Twitter « l’un est défini par la sphère publique (métier de policier), l’autre par la sphère privée (statut d’épouse)». Du sexisme ordinaire donc, qui vient se glisser jusque dans le traitement d’une attaque terroriste.

Notons tout de même que suite à de nombreuses critiques d’internautes, plusieurs journaux ont traité différemment la nouvelle le lendemain, préférant désormais parler de « couple de policiers ». En espérant que nous n’aurons plus dans le futur à nous insurger contre ce type de bavure sexiste…