Semaine de la Mixité du Mâconnais : une sensibilisation à l’égalité filles-garçons en crèche

id-8122sap2Dans le cadre de la Semaine de la Mixité des formations et des métiers en Saône-et-Loire, l’association FETE, en partenariat avec le Pôle Petite enfance de la CAMVAL, a proposé une initiation des professionnel-le-s de la petite enfance à l’égalité entre les filles et les garçons.

Dans le rapport sur l’égalité filles-garçons concernant les modes d’accueil de la petite enfance, réalisé par l’Inspection générale des Affaires Sociales (2012), Brigitte Grésy et Philippe Georges rappellent qu’il n’existe pas de parcours spécifique à cette question dans la formation des futur-e-s professionnel-le-s de la petite enfance. A partir de ce constat, l’association FETE a proposé au Pôle Petite enfance de la CAMVAL d’organiser deux journées d’observation sociologique dans deux crèches de Mâcon, afin de relever les pratiques et les interactions des professionnel-le-s envers les enfants, filles et garçons.

La première observation a eu lieu le 27 septembre 2016 à la crèche de la Rue de Paris, la seconde le 4 octobre 2016 à la crèche de Marbé, durant deux journées complètes. En suivant une grille d’analyse précise, l’association FETE a pu relever des « micro-événements » concernant les temps de vie, la gestion des émotions, les interactions orales, les jeux, jouets et supports d’activités. Il s’agissait de révéler les éventuelles différences dans les pratiques des professionnel-le-s selon le sexe de l’enfant.

La restitution de cette analyse s’est déroulée le 3 novembre dernier en présence des membres organisateurs de la CAMVAL, de professionnelles de la petite enfance du secteur, et de Nathalie Bonnot, déléguée départementale aux droits des femmes de Saône-et-Loire. L’association FETE a présenté les résultats objectifs des observations effectuées, en insistant sur l’aspect primordial des stéréotypes de sexe dans la constitution et l’apprentissage de l’enfant.

En effet, lors de la socialisation primaire de l’enfant, les parents, les professionnel-le-s, mais aussi la société via les médias, la publicité, projettent sur l’enfant une série de représentations, d’images, de stéréotypes : aux garçons, l’espace, les jeux collectifs, la prise de parole, les mises en scène ; aux filles, les jeux calmes, d’intérieur, l’expression des émotions et la reproduction des scènes de maternage.

Ces stéréotypes délivrés dès le plus jeune âge auront des répercussions dans l’enfance, l’adolescence et l’âge adulte : par exemple, en ce qui concerne la confiance en soi, une aptitude que l’on retrouve bien moins fréquemment du côté des filles, et même des femmes.

image3Quelques pistes d’actions ont été soulevées pour une meilleure prise en compte de l’égalité dans les structures d’accueil de la petite enfance, en premier lieu le renouvellement des chansons, histoires et livres dans lesquels les rôles des femmes et des hommes sont définis selon les stéréotypes de sexe (par exemple, le livre Maman lave mon ours). Les échanges ont porté sur la présence croissante des pères dans le partage des responsabilités familiales, sur la socialisation primaire des enfants en tant que processus culturel, et se sont conclus sur la nécessité d’ouvrir les métiers de la petite enfance aux hommes pour la création de nouveaux systèmes de représentations, et sur la nécessité d’une action publique forte pour aller dans le sens de l’égalité.

Quelques ressources pour aller plus loin :

– Brigitte GRESY, Philippe GEORGES, Rapport sur l’égalité entre les filles et les garçons dans les modes d’accueil de la petite enfance, Inspection générale des affaires sociales, 2012, www.igas.gouv.fr/spip.php?article306.

– Véronique DUCRET, Véronique LE ROY, La poupée de Timothée et le camion de Lison, Guide d’observation des comportements des professionnel-le-s de la petite enfance envers les filles et les garçons, Le 2e Observatoire, 2012, www.2e-observatoire.com/supports/livres/brochure14.htm.

– Site Aussi proposant de regarder le monde de l’enfance avec des lunettes de genre – www.aussi.ch.