Semaine de la Mixité du Mâconnais : de l’enthousiasme pour les tisanes d’Anaïs

anais-7Dans le cadre de la Semaine de la Mixité du Mâconnais, une soirée-débat autour du documentaire « Anaïs s’en va-t’en guerre » était organisée le 3 octobre au Cinémarivaux de Mâcon.

Quelques 25 spectatrices et spectateurs se sont retrouvé-e-s au cinéma pour découvrir le parcours d’Anaïs Kerhoas, présenté dans un documentaire réalisé en 2014 par Marion Gervais. Le film retrace le combat de la jeune femme pour exercer un travail traditionnellement masculin : elle souhaite, plus que tout, devenir agricultrice et faire pousser des plantes aromatiques et médicinales.

L’introduction de la séance a été assurée par Nathalie Bonnot, Déléguée Départementale aux Droits des Femmes et à l’Egalité de Saône-et-Loire. Il a été rappelé que la Semaine de la Mixité s’inscrit dans un processus national impulsé par le gouvernement, la Semaine de l’égalité professionnelle, du 3 au 9 octobre 2016. Dans le Mâconnais, l’objectif de cette semaine était de sensibiliser différents publics aux stéréotypes de sexe, à la thématique de la mixité professionnelle et de l’égalité entre les femmes et les hommes.

L’association FETE a présenté le contexte de réalisation du documentaire : en 2012, Marion Gervais rencontre Anaïs en Bretagne, et s’éprend de son projet et de sa passion. Malgré les réticences d’Anaïs vis-à-vis de la caméra, le documentaire est réalisé et produit par Quark Productions. Le peu de moyens n’empêche pas des résonances médiatiques importantes, via la télévision et les réseaux sociaux. 270 000 vues sont comptabilisées en 2 mois, et des articles de presse portent le sujet dans Rue89, Le Nouvel Obs, 20 minutes, XXI… Très vite, Anaïs reçoit de plus en plus de messages de soutien et de félicitations, à tel point qu’elle n’a plus le temps d’y répondre !

Après la projection du documentaire, les spectateurs-trices étaient unanimes, toutes et tous impressionné-e-s par la force et le courage d’Anaïs. Certaines spectatrices, conquises, voulaient la rejoindre dans les champs pour l’aider et la soutenir. Nathalie Bonnot a alors abordé la thématique de la mixité professionnelle dans le domaine de l’agriculture. Cette mixité, menant vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, n’est pas acquise. On observe en effet une diminution de la part des femmes dans le secteur agricole, alors que ce métier était originellement assez mixte. Ceci s’explique par le fait que les femmes d’exploitants exercent un autre métier, provoquant le déclin des emplois d’aides familiaux essentiellement féminins.

Cependant, on parle quand même d’une dynamique de « féminisation » du secteur agricole : la part des femmes cheffes d’exploitation est passée de 12 % en 1988 à 27 % en 2010. Elles sont de plus en plus à s’installer à titre individuel, quoique la succession à la suite du conjoint soit aussi importante (ainsi, 60 % des exploitantes ont plus de 60 ans). Dans l’enseignement, les filles représentent plus de 50 % des effectifs. Pour autant, elles n’ont pas la priorité à l’admission (on a tendance à leur conseiller des formations plus traditionnellement réservées aux filles), l’accès aux stages leur est plus complexe car les stéréotypes de la force masculine/de la faiblesse féminine demeurent, et la lancée de carrière est plus difficile pour les filles qui ne sont pas issues du monde agricole.

Le parcours d’Anaïs illustre bien ce schéma, et montre les difficultés de la jeune femme à se faire accepter en tant qu’agricultrice par les maires des villages, les structures type EDF, les autres agriculteurs. C’est son assiduité au travail, le développement de sa force physique (ses muscles et sa poignée de main en témoignent), et son caractère, qui lui permettent de s’affranchir des obstacles. Elle bénéficie, bien sûr, du soutien de sa mère, d’ami-e-s, et d’Olivier Roellinger, chef cuisinier reconnu, qui lui procure des conseils de commercial accompli.

En février 2016, Anaïs écrit un nouvel article sur son blog : le 24 décembre 2015, elle a enfin pu signer le contrat d’achat d’un champ de 1,4 hectares, avec une grange et une bâtisse à rénover, à Sains, en Ille-et-Vilaine (35). C’est une petite victoire, le début d’un processus de travail qui ne fait probablement que commencer.

Pour terminer la soirée, une tisane du soir d’Anaïs a été proposé aux participant-e-s, afin de s’évader en campagne le temps d’une infusion.

Plus d’informations :

Sur les femmes et l’agriculture

  • Chiffres : Ministère de l’agriculture, 2012.
  • Pour en savoir plus, L’évolution de la place des femmes en agriculture au prisme des rapports familiaux de production, article de Sabrina Dahache, 2014 :

http://www.edp-open.org/images/stories/books/contents/agricfal/Agricfal_165-182.pdf

Sur Anaïs 

  • Toute son actualité, les points de vente, et la vente en ligne de ses tisanes sur son site :

https://www.lestisanesdanais.fr/

NB : Une autre projection du documentaire aura lieu lors de la Semaine de la Mixité de la Haute Côte d’Or, le mercredi 23 novembre à 17 h 30 au cinéma de Châtillon-sur-Seine.

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