S’affranchir des stéréotypes pour ne pas discriminer à l’embauche

Dans le cadre de son action de lutte contre les discriminations faîtes aux femmes vers et dans l’emploi, FETE propose des ateliers à destination des recruteurs. Le dernier en date s’est tenu à Nevers, dans les locaux de la DIRECCTE et a rassemblé 11 personnes désireuses de mettre à jour leurs connaissances et de vérifier l’objectivité de leurs pratiques de recrutement.

L’emploi reste malheureusement, et ce malgré la loi, un milieu particulièrement discriminant : un tiers de la population active a rapporté des discriminations dans son parcours professionnel au cours des 5 dernières années. Les femmes sont, elles, davantage touchées par ce phénomène…

Illustration…

Le premier critère de discrimination relevé par les victimes est lié au sexe. Les femmes apparaissent systématiquement plus discriminées que les hommes : 41% contre 28%. Parmi les groupes les plus discriminés apparaissent les femmes de 18 à 44 ans. Les femmes les moins diplômées déclarent moins de discriminations que les autres, tandis que cet effet n’est pas observé chez les hommes ; cela s’explique par le plafond de verre qui limite les évolutions professionnelles des femmes. La grossesse et le fait d’être mère apparaissent comme des critères qui impactent également le parcours professionnel des femmes. La grossesse conforte et renforce les inégalités déjà subies par les femmes, jusqu’à l’âge de scolarisation en élémentaire du plus jeune enfant car il y a une présomption de désengagement professionnel. Autre critère de discrimination : la couleur de peau. Les femmes vues comme noires, arabes ou asiatiques présentent un taux global de discrimination supérieur à celui des femmes vues comme blanches (65 % contre 42 %). L’apparence physique pèse aussi lourdement sur l’embauche des femmes.

Pourquoi cette situation ?

A cause des stéréotypes que nous véhiculons tous, plus ou moins, nous avons tendance à voir les personnes avant tout comme membre d’un groupe partageant des caractéristiques communes et non comme des individus avec leurs particularités. Cette attitude nous amène à attribuer des caractéristiques (dîtes naturelles mais issues de constructions sociales) aux femmes et donc à faire des associations qui discriminent. Un exemple courant : une femme est vue avant tout comme une mère et elle est donc supposée moins disponible ou moins impliquée dans sa vie professionnelle. A compétences, formation, ancienneté égales, on confiera plutôt un poste à responsabilités à un homme.

Que faire ?

Tout d’abord, n’oublions pas que les candidat.e.s doivent être sélectionné.e.s sur la base de compétences professionnelles précises, techniques et comportementales, toutes en lien avec le poste. Il faut être vigilant, et pas seulement au moment de l’entretien, mais tout au long du processus de recrutement. La procédure de recrutement doit être objective, transparente et traçable, d’autant plus, qu’en cas de de litige, la personne qui recrute doit prouver que le système n’est pas discriminatoire.

Quelques recommandations : bien définir le poste et analyser précisément les besoins, ce qui permet de rédiger une annonce claire, centraliser toutes les candidatures et les traiter de la même façon grâce à une grille de sélection précise qui reprend les savoir- faire et savoir – être nécessaires ; mener l’entretien à 2 personnes de sexe différent et sélectionner des questions qui n’abordent en aucun cas la vie personnelle… Si vous êtes intéressé.e.s par un atelier de sensibilisation, n’hésitez pas à contacter FETE.

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