Rencontre avec Sandrine, monteur réseau en aéro souterrain et bénévole à FETE

Photo SandrineBonjour Sandrine, peux-tu nous raconter ton parcours ?

Un BEP Sanitaire et social ou comptabilité m’avaient été proposés en fin de 3ème, mais j’ai voulu poursuivre jusqu’au bac et ai finalement obtenu un Bac Economie. J’ai ensuite passé deux ans à la fac en AES (Administration Economique et Sociale) dans l’idée de passer les concours de la police, de la gendarmerie, de l’armée et des douanes, mais je sentais bien que je n’y étais pas à ma place… Jusqu’au jour où j’ai eu le déclic en rencontrant une mécanicienne radar alors que je passais mon permis moto. J’ai alors cherché une formation et le CIO ainsi qu’un article dans Le Bien Public m’ont orientée vers FETE qui cherchait à constituer un groupe de femmes pour passer un CAP-BEP en Electrotechnique. J’ai alors été sélectionnée pour une pré-qualification et un contrat de professionnalisation. Je suivais mes cours au GRETA BITP. En parallèle, je travaillais pour l’entreprise Amora en maintenance de fabrication moutarde. Après l’obtention de mon diplôme, major de promotion de la Côte d’Or, j’ai recherché une entreprise pour faire un Bac Pro en dépannage électroménager. Une entreprise proche de Chalon m’a donnée ma chance pour un contrat d’apprentissage avec le CFA La Noue.
Quatre ans plus tard j’ai été recontactée par le CFA pour remplacer le professeur en électroménager. J’ai occupé ce poste pendant 13 ans jusqu’à la fermeture de la section.

Comment a réagi ton entourage face à ce choix de carrière ?
J’ai toujours été attirée par des métiers plutôt masculins, manuels et d’extérieurs.
Mes parents ont eu au début un peu peur, mais ils m’ont laissée faire et ne m’ont jamais mis de bâtons dans les roues.

Vous étiez certainement peu de filles en formation, comment cela s’est passé ?
En BEP je faisais partie d’un groupe de filles accompagné par FETE. Leur projet était d’amener des femmes issues du tertiaire au chômage vers le secteur de l’industrie. En Bac Pro j’étais la seule fille et ça s’est toujours très bien passé avec les garçons. Nous avions instauré une concurrence positive qui a entrainé une entraide et a permis de parvenir à 100 % de réussite au Bac.

Et en entreprise avec les collègues masculins ?
Lors de ma recherche d’entreprise pour le Bac Pro, on m’a demandé plusieurs fois « C’est pour votre fils ? ». Au début en électroménager, je faisais principalement de l’atelier mais un jour l’entreprise s’est trouvée bloquée et « ils ont fait sortir la fille ! ». Au final, les retours des clients étaient très bons, même si avec ma tenue et ma caisse à outils, il n’était pas rare qu’on me dise « Bonjour monsieur » ! Mais depuis, avec l’âge et l’expérience, il est plus facile de trouver un travail. J’ai l’impression que les employeurs font plus confiance à une femme.
Dans l’ensemble, mes collègues sont toujours prêts à m’aider mais avant tout il faut faire ses preuves, avoir du répondant, montrer qu’on est capable, pour se faire respecter surtout que c’est un domaine plutôt dur physiquement (porter des machines, faire de la mécanique, se salir…). Ca a juste une fois été compliqué lorsque j’étais formatrice avec un élève qui ne voulait pas être commandé par une femme.

Quels sont tes projets aujourd’hui ?
J’ai eu un nouveau déclic suite à mon licenciement du CFA. En tombant sur un ancien apprenti qui travaille à présent chez ERDF, j’ai eu envie de me lancer comme monteur réseau. Je pensais être trop âgée, mais je viens de décrocher un contrat de professionnalisation pour une mention complémentaire monteur réseau en aéro souterrain chez Ineo Réseaux Est.
Cela consiste à tirer des câbles pour des branchements souterrains, sur les poteaux, installer de nouvelles lignes électriques, l’éclairage public, etc… J’avais même reçu deux autres propositions d’embauche en même temps.

Quel message souhaiterais-tu faire passer aux femmes ?
L’important est de faire le métier qu’on aime. Si on veut quelque-chose, il faut au moins essayer, et des nouvelles compétences peuvent toujours s’acquérir.

Tu es depuis 1996 bénévole à FETE, peux-tu nous parler de ton engagement ?
Je participe tous les ans depuis 20 ans au Carrefour des Carrières au Féminin de Côte d’Or, et même si j’exerce un métier qui n’attire pas trop les filles, je me dis que si je n’en touche qu’une, c’est déjà gagné. Je pense que c’est un évènement très utile pour les filles, qui peut donner des idées et de l’envie.
C’est FETE qui m’a tracé mon parcours et je suis la preuve même de l’intérêt de son action. Qu’aurais-je fait si je n’avais rencontré cette association ? J’ai aujourd’hui envie de rendre ce que l’on m’a donné, de m’investir en faisant profiter de mon expérience à d’autres, montrer que si moi j’y suis arrivée, pourquoi pas d’autres femmes ?

Si vous aussi souhaitez donner de votre temps bénévolement à FETE, n’hésitez pas à nous contacter au 03 80 43 28 34.