Rencontre avec Hafid, éducateur de jeunes enfants

Hafid Laklala est éducateur de jeunes enfants à la halte-garderie Les Acrobates d’Auxerre. Il a accepté de répondre aux questions de FETE pour parler de son parcours et son métier.

Hafid, pouvez-vous nous raconter votre parcours ?

Jeune, je voulais travailler dans le médical ou dans le social, avant tout pour écouter et comprendre les autres. Je suis finalement diplômé éducateur sportif et j’ai exercé pendant plusieurs années au centre social des Chaillots de Sens.  J’y ai été animateur pour la tranche d’âge des 4-9 ans, mais je faisais aussi la fonction d’éducateur de rue pour les 12-25 ans. Et aujourd’hui j’ai en charge les 0-4 ans. Cela fait bientôt 30 ans que je travaille auprès d’enfants de toutes tranches d’âges. En 2010 j’ai obtenu le diplôme d’Educateur de jeunes enfants par le biais de la VAE (Validation des Acquis de l’Expérience).

Que faites-vous aujourd’hui ? Quel est votre quotidien ?

Au sein de la halte-garderie Les Acrobates, ma mission principale est avant tout d’écouter les enfants, mais aussi d’observer et de jouer avec eux. Je prends tout simplement soin d’eux. En général, je ne prépare à ’avance ni mes activités ni  mes ateliers, j’improvise à partir de l’improvisation de l’enfant. Les ateliers avec les enfants sont variés et vont de la pâte à modeler à la musique, en passant par le dessin ou les jeux de construction ou de manipulation. J’aime beaucoup travailler avec la récupération. Avec mes trois collègues nous essayons d’avoir une approche proche de l’école Montessori en laissant avant tout place à l’autonomie. Il n’y a jamais de routine car les enfants sont différents. Les journées se suivent mais ne se ressemblent pas ! Dans la structure des Acrobates nous proposons également des ateliers enfants/parents, surtout dans l’idée de les accompagner pour jouer et partager avec leurs enfants, également pour faire de la prévention et soutenir la fonction parentale.

Vous êtes le seul homme dans l’équipe… Comment le vivez-vous ?

A Sens dans l’animation j’ai croisé quelques hommes, mais ils ne sont jamais restés bien longtemps. Pourquoi ? Dans six mois ça va faire 20 ans que je travaille à la halte-garderie d’Auxerre, j’ai toujours été le seul homme. Mais j’aime travailler avec les femmes. Sinon, pendant toutes ces années il m’est arrivé de rencontrer des familles qui étaient gênées ou opposées qu’un homme puisse s’occuper de leurs enfants. Je ne voudrais pas entrer dans des clichés en disant que j’apporte en tant qu’homme quelque-chose en plus par rapport à mes collègues féminines, mais les enfants le comprennent…

Vous avez récemment participé à un speed-dating de l’orientation et des stéréotypes au CDI du collège Paul Fourey de Migennes. Comment avez-vous vécu cette expérience auprès de tous les élèves de 5ème ?

Nous étions cinq professionnels. Trois femmes et deux hommes qui exercent des métiers atypiques au regard de leur sexe, et les élèves devaient mener l’enquête pour deviner le métier de chacun.e. Une belle occasion pour moi de me confronter aux préjugés des jeunes qui me voyaient tous maçon, routier, mécanicien, agent de sécurité, sportif, policier, gardien de prison, ou encore indic, mais ne m’ont absolument jamais imaginé dans le secteur de la petite enfance ! Et si, des métiers qui peuvent aussi se conjuguer au masculin !