Portrait 26 : Dans l’Yonne, à Courgis, Alice de Moor, vigneronne

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Crédit photo : FETE

Alice de Moor a accepté d’être photographiée pour l’exposition de FETE « Des métiers sous l’angle de la mixité ». Nous l’avons interviewée pour parler de son métier de vigneronne.

Alice, quel est votre parcours scolaire ?

Après avoir passé un Bac S, j’ai poursuivi avec un DUT en industrie agroalimentaire, puis en 1992 j’ai passé un diplôme d’œnologue.

Pourquoi ces choix ?

C’est en 1ère que j’ai décidé de choisir cette orientation. J’avais vu une fille œnologue à la télévision et je me suis dit que ça devait être bien. De plus mon grand-père faisait du vin, et je faisais les vendanges avec lui.

Quel est votre quotidien en tant que vigneronne ?

Je m’occupe principalement de la gestion de la cave, comme la mise en bouteille par exemple. Je réalise également la gestion administrative de l’entreprise. Je m’occupe aussi de toute la partie vente. J’interviens également dans les vignes pendant l’été. Pendant les vendanges, je suis responsable de tout le travail en cave.

 

Pouvez-vous nous présenter votre exploitation ?

C’est un domaine de 8 hectares sur 4 appellations qui se situe à Courgis dans le Chablisien, que nous avons créé avec mon mari Olivier en 1994, et qui fait du bio depuis 11 ans. Nous avons un salarié et vendons tout en bouteilles, 60 % à l’export et 40 % à des cavistes et restaurants en France.

Est-ce conciliable avec une vie de famille ?

Oui car on a des horaires assez réguliers sauf à quelques périodes de l’année.

Par ailleurs étant à mon compte je peux me libérer quand je veux s’il y a un souci, médical par exemple, avec mes enfants. Par ailleurs les enfants peuvent voir et participer un peu à notre travail qui est aussi une passion.

Le plus compliqué c’est qu’on ne peut pas prendre de longues vacances en été.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce métier ?

Bouger, bricoler, se poser des questions, fabriquer un produit de bout en bout, donner du plaisir à mes clients, et aussi être maitresse de mon temps.

Quelles sont les principales qualités requises pour exercer ce métier ?

Il faut être persévérante, aimer être dehors, aimer aussi bouger et le travail physique.

 

Comment ça se passe dans le milieu du vin en tant que femme ?

Autrefois la vigneronne c’était surtout la femme du vigneron ; elle s’occupait bien souvent des papiers et de la comptabilité et s’occupait un peu de la vente du vin au caveau. Depuis dix ans le monde vigneron change, il y a de plus en plus de femmes, notamment dans les vignes où elles atteignent près de 40 % des effectifs. Bien sûr on entend  encore des remarques des hommes, et il faut faire encore plus ses preuves en tant que femme.

Certains ports de charge ne sont pas encore tout à fait adaptés pour les femmes, mais finalement c’est la même chose pour les hommes qui ne sont pas très musclés…

Avez-vous des anecdotes à nous faire partager ?

Je me suis faite avoir, surtout au début, notamment auprès des commerçants qui ne me donnaient pas le bon produit ou qui ne m’expliquaient pas comment l’utiliser. Parfois les technico-commerciaux voulaient parler à mon mari quand il s’agissait des domaines me concernant, c’est à dire la partie vin et cave.

Quel message souhaiteriez-vous faire passer pour terminer cet entretien ?

Allez-y, ce n’est pas un métier d’homme, il y a de plus en plus de femmes à tous stades du métier. Les gens sont  plus ouverts qu’on peut le penser dans ce milieu.

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Crédit photo : FETE