Portrait 18 : Dans la Nièvre, à Nevers, Théodora NEDELTCHEVA Géomaticienne

Dans le cadre de la Semaine de la Mixité des Formations et des Métiers dans la Nièvre, FETE est allée à la rencontre de professionnelles qui exercent des métiers encore peu féminisés.

Théodora NEDELTCHEVA, géomaticienne

 

 

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Crédit photo : FETE

Théodora, quel est votre parcours de formation ?

Mon parcours de formation est plutôt très atypique. Tout d’abord, il faut savoir que  j’ai effectué la moitié de mon parcours en Bulgarie. J’ai obtenu deux bacs : un bac de gestion et un bac langues étrangères. Grâce à des conventions entre la France et la Bulgarie, j’ai pu venir étudier en France, à Aix-en-Provence dans une école de marketing.

Une fois ces deux bacs en poche, qu’avez-vous fait ?

J’ai obtenu un diplôme d’ingénieure forestier puis j’ai intégré l’académie des sciences, et grâce à un fonds bulgaro-flamand j’ai travaillé sur la purification des eaux en Belgique et en Bulgarie. J’ai ensuite obtenu une bourse pour étudier à l’université de Nancy où j’ai travaillé sur les systèmes d’informations géographiques et où j’ai préparé une thèse, ce qui m’a ouvert les portes pour travailler à l’Inventaire Forestier National. J’ai fait aussi des publications dans des revues scientifiques américaines. Après cela, j’ai intégré une formation de 6 mois sur les systèmes d’information et d’organisation de l’entreprise (programmation, bases de données, développement web). J’ai ensuite travaillé pour l’Office National des Forêts ; enfin j’ai obtenu le poste de géomaticienne à la Chambre d’Agriculture de Nevers.

Qu’est-ce-que vous faites concrètement sur ce poste ?

Je conçois des bases de données et j’en assure l’administration et la maintenance.

Une autre part de mon travail concerne l’économie : je conçois des outils informatiques pour aider les producteurs de céréales à commercialiser leur récolte… L’idée est de leur apporter des outils pour les aider à fixer leurs  prix de vente en fonction de leurs productions.

Quels sont les avantages de ce métier ?

Ce qui est intéressant, c’est que c’est un métier qui ne cesse d’évoluer ; il y a toujours des nouveautés, des choses à explorer et pour moi qui suis curieuse, c’est très bien. J’aime beaucoup aussi ce travail car je conçois des outils qui peuvent aider concrètement les agriculteurs. Je suis très terrain et j’aime ces projets qui sont humanistes.

Qu’est ce qui est plus difficile dans ce métier ?

Je trouve que le milieu agricole est un milieu assez fermé. Les nouveautés informatiques ne sont pas évidentes à faire passer car l’informatique ça fait peur. Mais les gens sont quand-même assez ouverts, une fois la peur dépassée.

Est-ce que vous avez dû faire deux fois plus vos preuves tout au long de vos études parce que vous étiez une femme ?

Oui, j’ai eu quelques réflexions, par exemple pendant ma thèse : « Tu ne prendras jamais un poste à responsabilités », « Tu vas faire quoi maintenant parce que déjà tu es une femme, et en plus il y a beaucoup de chômage… ». Quand j’étais à l’Inventaire National Forestier, j’étais dans une équipe exclusivement masculine. Mais  cela m’a permis de progresser et d’apprendre à avoir plus de confiance en moi. Ce n’était quand même pas évident au début. Ça forge le caractère.

Aujourd’hui, vous trouvez toujours de nouveaux challenges dans ce métier ?

Oui, je continue à faire des formations ; par exemple, j’ai suivi récemment une formation de six semaines aux Etats-Unis où les nouvelles technologies sortent en premier. Je lis aussi beaucoup la presse, les forums, les newsletters… Je pense qu’il ne faut pas s’arrêter d’apprendre. Je participe également à la rédaction d’articles dans des revues scientifiques. L’anglais est très important.

Votre métier, on peut dire que c’est un métier porteur ?

Ah oui, c’est un métier d’avenir parce que maintenant on trouve le géospatial partout, et le géospatial c’est de la géomatique.

Qu’est-ce que vous diriez à une jeune fille qui voudrait se lancer dans des études d’ingénieur ?

Il faut s’imposer avec la force de l’intelligence, et la qualité de son travail.