Portrait 17 : Dans la Nièvre, à Cosne-sur-Loire, Pauline ALEXANDRE Métallière

Dans le cadre de la Semaine de la Mixité des Formations et des Métiers dans la Nièvre, FETE est allée à la rencontre de professionnelles qui exercent des métiers encore peu féminisés.

Pauline ALEXANDRE, métallière.

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Pauline, pouvez-vous nous parler de votre parcours de formation ?

A la suite de mon brevet des collèges, j’ai décidé de faire un BEP Réalisation d’Ouvrage Chaudronné. J’ai réussi mon BEP, j’ai continué sur un Bac Professionnel en chaudronnerie que j’ai obtenu avec mention.

Comment êtes-vous arrivée à ce choix : vous pensiez à ce métier depuis longtemps ?

Alors en fait, mon papa est patron d’une chaudronnerie, donc depuis toute petite je suis baignée dedans. Souvent le soir avec ma maman, on allait voir mon père, surtout au début pendant la création de son entreprise, c’est vrai qu’on passait beaucoup de temps à l’entreprise donc je savais exactement dans quoi je me lançais.

Que faites-vous au quotidien ?

Alors, je travaille le métal : je réalise tout ce qui peut être fabriqué à base de métal, un portail, une table … Et aussi des objets déco ou tout simplement du quotidien.

Quelles qualités faut-il avoir pour exercer ce métier ?

Je dirais qu’il faut être précise, rigoureuse ; il ne faut pas avoir peur de se blesser.

Est-ce qu’il faut être forte physiquement pour faire ce métier ?

Pas spécialement. Forcément ça demande un peu de force physique mais maintenant on est beaucoup aidé avec les machines, les ponts, on a plein de petites astuces qui nous aident.

Vous diriez que c’est un métier où l’on ne fait jamais la même chose, il y a à chaque fois des projets différents ?

Je me lève le matin et  je ne sais jamais ce que je vais faire dans la journée. Bien sûr,  il y a des chantiers qui sont établis, des chantiers très courts comme aller poser un portail ça se fait sur la journée. On ne voit jamais les mêmes personnes, on ne fait jamais les mêmes choses et c’est ce que j’aime.

Vous travaillez donc en atelier mais aussi chez des personnes, des clients, vous suscitez quels genres de réactions étant femme ?

Au début ça n’a pas été facile : ça venait aussi peut-être de moi, tout simplement parce que je n’avais pas assez confiance en moi ; les gens s’adressaient plus à mon collègue masculin et moi du coup j’étais un petit peu en retrait, mais avec le temps ça s’est atténué et maintenant il n’y a plus de problèmes.

Est-ce que vous diriez que vous avez quand même dû faire deux fois plus vos preuves auprès de la clientèle ?

Disons que j’ai peut-être dû leur apporter des petites touches féminines. Par exemple, les clientes me demandent souvent : « Vous, quelle couleur vous mettriez sur ce portail-là ? », elles se tournent plus vers moi pour les questions d’esthétique.

Vous travaillez dans un secteur où il y a encore peu de femmes, même si les choses progressent petit à petit, un milieu/secteur réputé masculin. Quelle a été la réaction de vos parents, de vos amis, de votre entourage face à ce choix d’orientation et de métier ?

Mon papa a été surpris mais il n’a pas cherché à me dissuader ; au contraire, il a essayé de m’aider et aujourd’hui je le remercie.

Vous travaillez dans cette entreprise depuis combien d’années ?

J’y ai fait mon Bac Pro en apprentissage, donc j’ai travaillé pendant 2 ans en apprentissage à Métal ’Art et ensuite je suis partie 5 ans dans une autre entreprise, et puis je suis revenue dans l’entreprise familiale.

Est-ce que vous avez rencontré des difficultés à trouver un emploi, des patrons peu enclins à embaucher une femme sur ce secteur d’activités ?

Après mon apprentissage, mon père m’a dit : « Vole de tes propres ailes » donc j’ai commencé à écrire des CV, des lettres de motivation et je n’ai pas eu de réponse… J’ai eu une réponse et c’était la seule : c’est là où j’ai été embauchée pendant 5 ans avant de rejoindre Métal’ Art.

Qu’est-ce que vous pourriez dire à une jeune fille qui est attirée par ce domaine, mais qui hésite justement parce qu’elle est une jeune fille et qu’elle se dit que peut être ça va être un parcours un peu plus difficile ?

Alors, je dirais que c’est vrai, c’est un parcours très difficile, il faut en vouloir et il faut avoir des ressources, être décidée, persévérante, perspicace, et à partir du moment où on a vraiment envie de travailler dans ce domaine, on y arrive finalement.