On célèbre un Victor Hugo, tout en oubliant une George Sand

Où sont les femmes dans les manuels scolaires ?

On célèbre un Victor Hugo, tout en oubliant une George SandUne étude réalisée par le Centre francilien de ressources pour l’égalité femmes-hommes Hubertine Auclert* le constate encore aujourd’hui : de manière générale, et quelles que soient les disciplines enseignées, l’image des femmes dans les manuels scolaires fait toujours l’objet d’un traitement moins valorisant que celle des hommes.

En effet, sur 3 345 personnages sexués répertoriés dans les manuels scolaires, on décompte 2 676 hommes contre 672 femmes, soit 1 femme pour 5 hommes. Ce déséquilibre est particulièrement remarquable dans le nombre de personnages masculins célèbres : 1057 noms de personnalités masculines sont cités contre 35 personnages historiques féminins.

On constate également que sur les 339 biographies proposées, 11 seulement sont consacrées à des femmes.

Selon cette même étude, il apparaît que lorsque les auteur-es de manuels déclinent un nom de métier masculin au féminin, il lui associent un attribut traditionnellement féminin. Par exemple, dans un manuel de la filière professionnelle, on trouve toujours le métier de « gérant » au masculin, exceptée lorsqu’il est question d’ « une gérante de parfumerie ». Les autres féminisations de métiers sont les suivantes : la secrétaire d’une entreprise, la documentaliste, une standardiste, l’infirmière…. Des métiers qui sont tous attachés à des activités traditionnellement féminines.

Quelques efforts sont tout de même à souligner pour les albums pour enfants. Mais si 38 % des héros des livres pour enfants sont des filles, elles ne représentent encore que 24 % des personnages principaux des DVD de jeunesse et 10 % de ceux des bandes dessinées. Il reste donc encore du chemin à parcourir !

Mais alors que faire ? Car des solutions il y en a : tout d’abord veiller à ce que les femmes apparaissent dans tous les chapitres, tous les domaines et dans tous les contextes sans oublier d’introduire davantage d’hommes dans la sphère domestique.

Attention également aux appellations des métiers : ils doivent être désignés au masculin et au féminin (la/le préfet-te ; la/le gynécologue…) pour que chacun et chacune puissent se projeter facilement vers un métier.

Ainsi, nous pourrions peut-être voir apparaître davantage de femmes dans les manuels scolaires.

 

* Novembre 2013

 

Mai 2014

Laure CALANDRE