Mixité professionnelle : où en est-on?

La publication, en avril dernier, d’un rapport intitulé Évaluation des actions publiques en faveur de la mixité des métiers, est l’occasion de faire un bilan, bilan qui révèle que, si avancées il y a, celles-ci sont très lentes, en dépit des nombreuses actions menées depuis plus de 20 ans.

Aujourd’hui, seulement 15 familles professionnelles sont mixtes contre 11 au début des années 80. Et il s’agit d’un progrès tout relatif puisqu’il faudrait qu’un peu plus de la moitié des femmes et des hommes changent de métiers pour aboutir à une répartition égalitaire, soit un quart de la population active.tableau métiers mixité

Si le rapport dévoile une baisse certaine de la ségrégation, il faut y voir une baisse limitée puisque la moitié des femmes en emploi sont toujours concentrées dans une dizaine de familles professionnelles sur  un total de 86. Plus frappant encore : 5 métiers concentrent 20 % de l’emploi féminin : les aides – soignants et les infirmiers avec 90 % de femmes, les assistants maternels et les aides à domicile et aides ménagères avec 95 % de femmes. Et bien sûr, on retrouve beaucoup de femmes secrétaires, vendeuses, caissières, employées de libre service ; les postes dans l’entretien sont majoritairement occupés par les femmes ; dans le social et l’esthétique aussi.

Parallèlement, seulement un tiers des hommes en emploi sont concentrés sur les 10 familles professionnelles comportant le plus d’hommes. Et les hommes occupent toujours en majorité les métiers les plus porteurs, les postes à responsabilité, les plus rentables…

Quelques métiers et secteurs sont mixtes tout de même : dans le secteur de la santé, et précisément les métiers de chirurgien dentiste, de médecins généralistes et de kinésithérapeutes. On peut également citer les professionnels de la communication et de l’information, les professionnels de l’action culturelle, sportive ou encore les professionnels du droit.

Contrairement aux idées reçues, la fonction publique n’échappe pas à la ségrégation professionnelle. Dans  la fonction publique territoriale, on retrouve certes 61 % de femmes mais il faut savoir qu’elles sont très présentes dans les filières sociales, médicosociales et administratives. La fonction publique hospitalière, elle, est dominée par les femmes à 71 % : cela s’explique notamment par la très forte présence des femmes dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées.

Comment expliquer cette ségrégation persistante ? Par le poids des traditions culturelles et des stéréotypes fortement ancrés qui entretiennent la conviction que certaines activités sont inadaptées aux femmes et aux hommes. Les filles anticipent les discriminations qu’elles auront peut-être à subir en allant vers un métier dit masculin et elles renoncent. Pour les garçons, c’est différent : ils ne vont pas vers ces professions parce que choisir un métier dit féminin est dévalorisant en termes d’image ; et puis, ce sont des métiers qui les  attirent moins car ils sont peu attractifs en termes de conditions d’emploi, salaire et perspectives de carrière.

Vous pouvez retrouver l’intégralité de ce rapport sur le site www.igas.gouv.fr

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