Médias et violences sexistes : une journée d’études pour le 25 novembre

Dans le cadre de la Journée de lutte contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre, le collectif de Côte d’Or Violence et Genre a proposé une journée d’étude sur le thème des « Médias et violences de genre ». violencesetmedias

Cette journée, ouverte aux professionnel-le-s et au grand public, s’est déroulée au Réseau Canopé de Dijon et a réuni les associations membres du collectif : Adefo-Le Pas, ALTHEA, CEMEA, CIDFF 21, FETE et Solidarité Femmes 21. Chacune d’entre elles, oeuvrant pour l’égalité entre les femmes et les hommes, a pu proposer durant l’après-midi un atelier sur la thématique des violences sexistes et des discriminations dans les médias.

L’association FETE a animé un atelier sur les publicités sexistes d’hier à d’aujourd’hui, et a proposé aux participant-e-s d’analyser des publicités anciennes et actuelles, au prisme du genre. Il a été conclu de cet atelier que les publicités présentent une continuité de critères qui, de manière générale, réduisent les femmes à la passivité la plus totale. Outre la sexualisation des corps, la survalorisation de la maternité, de la cuisine et du ménage, il a été noté une utilisation accrue (et ainsi une banalisation) des violences faites aux femmes pour la vente de produits ménagers, de vêtements, de nourriture, etc.

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Les autres associations ont quant à elle animé des ateliers portant sur le cyberharcèlement, le vocabulaire sexiste de la presse, la banalisation du harcèlement dans les réseaux sociaux.

Les thématiques de ces ateliers étaient parfaitement liées à la conférence du matin, proposée par Sophie Jehel, Maîtresse de conférence à l’Université Paris 8. Cette chercheuse, qui étudie les relations entre stéréotypes, discrimination et éducation aux médias, a évoqué les manières dont les discriminations sont de plus en plus intégrées dans les médias et ainsi intégrées par les utilisateurs-trices des réseaux sociaux, jeux vidéos, etc.

Les images de violences, particulièrement les images de violences contre les femmes, évoquent un sentiment de négativité, et des valeurs de cynisme, de trahison, de compétition, de virilité. Les jeunes utilisateurs-trices, selon les études sociologiques de Sophie Jehel, réagissent différemment face à ce flot d’images : adhésion, autonomie, évitement, indifférence, sont les principales attitudes évoquées. La chercheuse a rappelé que les diverses lois qui doivent réguler les violences faites aux femmes invoquent la diffusion des stéréotypes sexistes dans les médias en les rendant pour partie responsables des violences.

Par ailleurs, Sophie Jehel a bien insisté sur l’appréhension des filles quant à l’utilisation des réseaux sociaux. Le poids du contrôle social est rigoureux. Elles doivent, selon la culture de l’apparence et de l’image, afficher leurs corps sur internet. En faisant cela, pourtant, elles s’exposent à des représailles, et à des risques de réutilisation de ces images qui ne leur appartiennent plus. Le phénomène de revenge porn, que l’on commence seulement à connaître et étudier, a ainsi été évoqué.

Sophie Jehel a appelé à une nécessaire vigilance et, pour les professionnel-le-s de l’éducation, à une prise en compte de ces phénomènes massifs dans leur discours.

 

Pour aller plus loin :

Relire l’article publié sur notre blog en avril 2016 : http://www.fete-bourgogne.org/conference-presentation-de-soi-et-violences-de-genre-dans-les-reseaux-sociaux/

 

Un ouvrage de Sophie Jehel sur l’éducation aux médias

https://www.librairie-plumeetfabulettes.fr/livre/10164404-stereotypes-discriminations-et-education-aux-m–laurence-corroy-labardens-sophie-jehel-l-harmattan

 

Le site des Chiennes de garde, mouvement contre les violences symboliques sexistes dans l’espace public

www.chiennesdegarde.com

 

Un site d’analyse des publicités sexistes

www.sexisteoupas.com

 

Pour réagir et déposer plainte face à une publicité sexiste

www.jdp-pub.org/deposer-une-plainte-relative-au-contenu-dune-publicite