Les femmes et les métiers de la vigne et du vin

Aujourd’hui, même si les femmes s’imposent de plus en plus dans les métiers du vin et de la vigne, le secteur reste dominé par les hommes : seulement un quart des domaines est possédé par une femme. Heureusement, ce secteur se féminise lentement mais sûrement : pour exemple, il y a une quinzaine d’années, les femmes œnologues n’étaient que 19 % et  elles sont aujourd’hui un peu plus de 30 %.

viticultrice

Crédit photo : FETE

Des évolutions récentes mais prometteuses puisque la première femme nommée maître de chai l’a été à Cognac en 2003. Il faut que certaines formations se sont ouvertes tardivement aux femmes. Prenons l’exemple des formations spécialisées de sommellerie qui étaient fermées et inaccessibles aux femmes jusque dans les années 1950-1960. 

Les femmes sont moins présentes que les hommes dans le monde de la vigne 

Pourquoi ? Une première explication historique est en lien avec la tradition. Dans l’Antiquité, les femmes n’avaient pas le droit de boire du vin, sous peine de mort. Dès le Moyen-Âge et pendant toute l’époque moderne, cette interdiction a disparu. Mais, à la fin du 18ème siècle, le retour de la morale bourgeoise a apporté de «nouveaux» codes de conduites, qui perdurent encore un peu. Jusqu’aux années 1970, une « femme honorable » ne buvait pas de vin car cela était mal vu.

Une autre explication est le poids des stéréotypes qui font que, encore aujourd’hui, quand on parle de vin, on fait directement le lien avec les hommes : choisir une bouteille, la déboucher et la servir est une affaire d’homme dans l’esprit de beaucoup de personnes. Ces stéréotypes sont renforcés par les règles de savoir-vivre qui veulent que la femme ne doit ni se servir seule, ni servir des invités, ni demander explicitement qu’on lui remplisse son verre.

Des femmes dans l’ombre des hommes

Il ne faut pas oublier que les femmes ont toujours été très présentes dans le monde viticole et vinicole : en tant qu’épouse, mère ou fille de vigneron, mais elles restaient dans l’ombre des hommes et leur travail n’était pas valorisé. Elles étaient souvent assignées à des tâches administratives, elles géraient la main d’œuvre saisonnière ou recevaient les clients. Des événements comme la guerre de 1914-1918 et parfois le décès de leur mari par exemple, ont forcé certaines d’entre elles à prendre la direction de la propriété familiale. La Champagne est l’exemple type avec toutes les veuves célèbres.

Et puis, les grands châteaux viticoles ont depuis longtemps appartenu à des femmes comme Romanée-Conti, Haut-Brion, Margaux, Mouton-Rothschild, Pichon-Longueville. Mais on ne le disait pas car, dans l‘esprit des gens, le vin devait rester masculin.

Le nouveau statut des femmes dans les exploitations

Autrefois, le rôle des femmes se limitait au soutien de leurs maris : elles aidaient aux travaux agricoles, elles faisaient le secrétariat. Maintenant, elles assument la direction de l’exploitation, elles coordonnent des équipes encore largement masculines, elles élaborent les vins, elles assurent aussi la direction commerciale et stratégique de l’entreprise.

Des femmes de plus en plus présentes mais qui n’occupent pas les mêmes postes que les hommes 

Tous les métiers du vin sont aujourd’hui plus ou moins pratiqués par les femmes : elles sont maîtres de chai, œnologues, négociantes, présidentes d’appellation, importatrices, distributrices… Mais c’est à nuancer. Par exemple, il y a aujourd’hui seulement 20 % de femmes sommelières. Par contre, elles sont surtout nombreuses parmi les ingénieur.e.s ou les technicien.ne.s viticoles. Elles travaillent aussi fréquemment dans des laboratoires, des grands domaines en tant que consultantes.

Les raisons pour lesquelles les femmes se tournent vers ce secteur 

Souvent, les femmes choisissent ce secteur d’activité car elles sont issues d’une famille qui possède un domaine et elles reprennent le vignoble familial. Mais cela peut être aussi par passion. Dans les années 60-70, un nouveau phénomène a fait son apparition : la femme créatrice d’un domaine viticole. Elle n’est ni veuve ni héritière mais elle créée de toute pièce son exploitation.

Les femmes s’intéresseraient moins aux vins que les hommes…

Il n’en est rien. Les femmes sont des consommatrices modernes et épicuriennes. Elles sont ainsi 76 % à aimer se réunir entre ami.e.s autour d’une bouteille de vin et elles seraient même 60 % à souhaiter davantage d’informations sur le vin dans la presse féminine.

Le mythe des vins de femmes

Les croyances concernant la préférence des femmes pour les vins blancs et les rosés perdurent. Pourtant, elles sont près de 60 % à déclarer apprécier un verre de vin rouge avec un repas. On entend souvent dire également que les femmes qui font du vin produisent un vin différent voire de qualité inférieure à celui des hommes. Encore une fois, pas de vin de femme, puisque des tests ont montré qu’il était impossible de savoir, en goûtant un vin, s’il était fait par un homme ou une femme. Le vigneron ou la vigneronne fabrique un vin qui lui ressemble avant tout.

Un conseil pour les jeunes filles qui veulent s’orienter dans ce secteur

Le secteur viti-vinicole propose de nombreux métiers, et donc lorsque l’on s’y intéresse, la première chose à faire est de se renseigner sur les différentes possibilités. Toutes les formations sont accessibles aujourd’hui aux femmes et il faut donc en profiter.

Ce zoom sur les femmes et les métiers de la vigne et du vin est tiré d’une interview réalisée par FETE dans l’émission Avenir Mode d’Emploi du mois de juillet, diffusée sur les ondes de BAC FM (radio lycéenne nivernaise). Vous pouvez écouter cette interview, ainsi que celle d’une vigneronne nivernaise, sur le site de BAC FM, rubrique podcasts ou via ce lien :