Les crèches de Joigny pilotes pour un projet expérimental avec FETE

FETE a mené sur plusieurs mois un projet commun aux deux crèches de Joigny, le multi-accueil Les Oursons et la micro-crèche Maria Montessori, qui ont voulu faire de l’égalité entre les filles et les garçons un axe prioritaire.

Ce projet expérimental, soutenu par la Direction Régionale aux Droits des Femmes et à l’Égalité, a été imaginé il y a un an avec la Déléguée aux Droits des Femmes de l’Yonne et proposé au service Petite Enfance de la ville de Joigny et à la directrice des crèches.

 

Il s’est déroulé en plusieurs temps : une présentation du projet aux équipes, une phase d’auto-observation de la part des professionnelles (une quinzaine de femmes) suivie de trois demi-journées d’observation menée par FETE, des questionnaires distribués au personnel et aux parents, puis une journée pédagogique de formation animée par FETE.

Ses objectifs : accompagner ces professionnelles de la petite enfance sur la question de l’égalité filles-garçons et mettre en place une pédagogie égalitaire afin d’ouvrir le champ des possibles et laisser la même chance de développement aux filles comme aux garçons. Car de nombreuses recherches en psychologie et en sociologie montrent que l’on transmet des stéréotypes de sexe très tôt dans la vie d’un enfant.

La synthèse des questionnaires distribués aux professionnelles a révélé que 79 % d’entre elles sont intéressées par ce thème qui peut constituer un levier d’évolution de leurs pratiques, car elles déclarent ne jamais avoir eu de moments consacrés à la question du développement de l’identité sexuée des enfants lors de leur formation initiale ou continue et en ressentir le manque. Toutefois, cette même proportion assure ne pas avoir conscience de véhiculer des stéréotypes de genre et que leurs pratiques professionnelles envers les filles et les garçons sont identiques, que les espaces de jeux ne sont pas stéréotypés : « Peu importe le sexe de l’enfant, il peut jouer à tous types de jeux« . Beaucoup pensaient alors, au moment de remplir leur questionnaire, qu’en structure crèche il n’existe pas de sexisme et que les différences démarrent plutôt à partir de la maternelle…

Les parents des petit.e.s avaient été informés de cette démarche et invités à répondre à un questionnaire de leur côté. Après s’être bien renseigné.e.s sur son intérêt, la plupart se sont prêté.e.s à ce jeu de questions concernant principalement le partage des tâches domestiques et leur quotidien avec leur(s) enfant(s). Sans surprise ce sont les mères qui en majorité prennent un congé parental, font le ménage, se lèvent la nuit, changent les couches, donnent le repas, le bain, les médicaments et amènent leurs enfants aux RDV médicaux. Faire la lecture, le coucher, les câlins, les promenades, les jeux, l’apprentissage de la propreté sont plus pratiqués par les deux parents. A noter qu’aucune des actions proposées liées au quotidien avec les enfants est plus spécifiquement assurée par les pères… Par ailleurs, 90 % ont voulu connaître le sexe de leur enfant et la majorité espérait plutôt… un garçon !

Lors de la journée pédagogique de formation du 13 avril, les échanges ont été très riches, à partir des informations transmises par FETE et des vidéos présentées, et ont suscité des réflexions et de nombreux débats sur le sujet qui semble avoir permis une certaine prise de conscience. Par exemple, il faut reconnaître que l’apparence des filles est davantage l’objet de l’attention des adultes ou qu’en cas de maladie c’est la mère qui est le plus fréquemment contactée. Ont été décortiqués plusieurs livres pour enfants, et ont été présentés un certain nombre de livres et jeux non stéréotypés, ainsi que des affiches, pour terminer sur une réflexion concernant des idées d’actions possibles au sein de leur crèche.

Toutes ont bien compris que les stéréotypes sexués limitent le développement et la créativité des enfants, et que leur imposer des modèles de conduite bloque leur imagination  et nuit à leur bien-être dans la mesure où elles/ils réduisent leur estime de soi et limitent leur ambition.

 

 

 

 

 

 

 

 

« Cette journée m’a permise de me remettre en question au niveau de ma vie pro comme perso avec mes enfants »

« Une formation vraiment intéressante, même au niveau personnel, pour lever certains a priori et avoir une autre vision des choses »

« Ce sujet nous a toutes parlé, à voir maintenant comment appliquer tout ça au sein de notre crèche… »

« Les différents supports présentés étaient vraiment parlants et je vais tenter maintenant de faire davantage attention dans mes pratiques professionnelles »

« Depuis le début de ce projet, je me rends compte que mes pratiques changent progressivement et je me suis surprise parfois à réagir différemment »