L’entreprenariat au féminin

Aujourd’hui, en France, on compte seulement 30 % de femmes entrepreneures. Un pourcentage qui n’évolue pas depuis quelques années.

D’une façon générale, les femmes créent plus d’entreprises qu’elles n’en reprennent, ce qui explique un chiffre d’affaires parfois inférieur à celui des hommes (qui, eux, reprennent le plus souvent). Elles investissent majoritairement dans les secteurs des services à la personne et de l’action sociale, qui ne requièrent pas de financement lourd, car elles craignent de mettre le budget familial en danger. Peu de femmes sont cheffes d’entreprises dans l’industrie ou le bâtiment. Bref, salariées ou entrepreneures, elles sont concentrées dans le secteur tertiaire. Voir précédent article ICI.

BGE Nièvre-Yonne

Qui sont les entrepreneures aujourd’hui ?

Les femmes entrepreneures sont relativement jeunes ou plus âgées. Il y a deux fois plus de femmes que d’hommes dans la tranche 25-45 ans et 55-70 ans.

Les femmes qui créent ou reprennent une entreprise sont tout aussi, voire plus, diplômées que les hommes, notamment chez les moins de 35 ans. 72 % des femmes sont de niveau BAC +5 à Doctorat et MBA (Master of Business Administration) contre 62 % en moyenne pour les hommes.

Pour atteindre leurs objectifs de développement, les femmes misent davantage que les hommes sur un travail avec de nouveaux partenaires.

Pourquoi si peu de femmes entrepreneures ?

Les femmes sont en réalité attirées par l’entreprenariat : 70 % d’entre elles déclarent considérer l’entreprenariat comme un bon choix de carrière.

Seulement, elles font face à des freins qui les empêchent de sauter le pas. Elles sont ambitieuses mais elles manquent parfois de confiance en leurs capacités et développent ce qu’on appelle le « complexe de l’imposture » : « Ai-je vraiment les capacités ?, Serai-je crédible en tant que femme entrepreneure ? ».

Les stéréotypes jouent également un rôle. En effet, les qualités entreprenariales sont la plupart du temps perçues comme étant des qualités plutôt masculines : la prise de risque, la confiance en soi, la réussite, le pouvoir, les femmes étant plutôt montrées comme moins résistantes au stress, plus douces,…

Femmes et hommes entrepreneurs, quelles différences ?

Les femmes créent plutôt leur entreprise dans les secteurs des services à la personne, du commerce, de l’enseignement, de la santé et de l’action sociale.

Elles  intègrent leur projet d’entreprise ou leur carrière à leur projet personnel et familial. Le temps est une valeur importante dans leur vie ; rappelons que ce sont encore bien souvent elles qui s’occupent des enfants.

Au quotidien, les femmes s’impliquent plus volontiers dans l’opérationnel relatif à la vie de l’entreprise – validation de plaquettes commerciales ou d’outils de communication, réalisation de la paie des salarié-e-s… – alors que les hommes délèguent.

L’entreprenariat féminin n’est pas toujours pris au sérieux par les responsables de la vie économique ou les établissements bancaires (un secteur très masculin) : d’où certaines difficultés pour les femmes à financer leur projet : manque de crédibilité dans les milieux professionnels et difficultés à convaincre.

Les femmes ont plus de considération pour l’épanouissement et moins pour l’argent.

Les femmes ont moins confiance en elles et sont également pénalisées par l’absence de réseau. Or, avoir confiance en soi et disposer d’un réseau sont des conditions très importantes pour créer son entreprise et la pérenniser.

Que faire pour encourager les femmes à entreprendre ?

Les femmes entrepreneures doivent pouvoir bénéficier d’un soutien et d’un accompagnement à leur projet professionnel. Des organismes, tels que la BGE proposent un accompagnement, notamment aux femmes, durant toutes les étapes de la création, de l’émergence au développement de l’entreprise en passant par le financement. Il est également nécessaire de travailler sur les idées reçues et faire en sorte que les femmes aient plus confiance en leurs compétences.