L’emploi des femmes en Bourgogne, retour sur le débat du 12 mars dernier

A l’occasion de la journée internationale des femmes 2015, le Conseil régional de Bourgogne, FETE et A-Parts ont co-organisé une rencontre sur l’emploi des femmes le 12 mars dernier à Dijon. Chef-fe-s d’entreprise, représentant-e-s de syndicats de salarié-e-s, enseignant-e-s, lycéen-ne-s… étaient au rendez-vous.

12 mars 2015

Le court-métrage « Et si… » de Henri LIEBMAN (visionnable ici) a lancé les débats de la table ronde qui réunissait Yvon DEMIGNE, délégué syndical CFDT, Aurélie ROTARDIER, référente égalité professionnelle Force Ouvrière 21, Cécile RUFFIN, gérante de FETE, Karine CASCAN, proviseure adjointe du Lycée des Marcs d’Or, Christophe BONNOT, responsable des relations institutionnelles du Groupe Id’ées et Benoît WILLOT, président de la CGPME Bourgogne.

La table ronde a été tout d’abord l’occasion de rappeler la situation des femmes dans l’emploi, à savoir que :

  • 74 % de celles qui ont entre 20-64 ans travaillent, mais plus elles ont d’enfants et moins elles travaillent, ce qui n’est pas observable chez les pères.
  • Encore aujourd’hui il y a une faible mixité des secteurs d’activité. Les femmes restent très concentrées dans certains secteurs tels que la petite enfance, la santé, les services, l’éducation.
  • Environ un tiers des femmes travaillent à temps partiel contre 7,2 % des hommes.
  • Quant à la création d’entreprise, seulement 28 % des créateurs sont des femmes.
  • L’écart de salaire persiste encore et aujourd’hui. Les femmes gagnent 19 % de moins que les hommes dans le secteur privé et semi-public. Dans la fonction publique d’Etat et territoriale l’écart est moins important mais plus élevé dans le secteur hospitalier public.
  • Le plafond de verre empêche les femmes de monter dans la hiérarchie et d’occuper des postes à responsabilité. Même si les conseils d’administration et comités de surveillance des sociétés du CAC 40 se féminisent, les femmes dépassent à peine les 30 %.
  • Dans la fonction publique les femmes sont beaucoup plus nombreuses que les hommes, mais de la même façon elles sont peu représentées dans les emplois de direction.
  • Les retraites des femmes sont beaucoup plus faibles que celles des hommes (-40 %).

Quatre thématiques principales ont été abordées lors de la table ronde :

  • Les stéréotypes de sexe en tant que frein à l’égalité hommes/femmes ;
  • La prise en compte de l’égalité femmes/hommes par les entreprises et le rôle de la négociation collective ;
  • Les difficultés liées à la conciliation des temps de vie ;
  • La mobilisation collective des femmes et des hommes dans tous les espaces : école, entreprises, syndicats, associations, espaces politiques.

Des pistes d’action pour avancer ont été évoquées :

  • Agir très tôt auprès des enfants pour lutter contre les clichés sexistes ;
  • Travailler sur l’image des métiers pour éviter les présentations sexuées des formations auprès des élèves ;
  • Donner confiance aux filles pour que leur orientation professionnelle soit exempte de tout stéréotype ;
  • Inciter davantage les filles à entrer en apprentissage, y compris dans les métiers dits traditionnellement masculins ;
  • Continuer à sensibiliser les employeurs non seulement pour qu’ils appliquent la réglementation en vigueur mais également pour qu’ils perçoivent  tous les bienfaits de la mixité en entreprise ;
  • Penser à tous les salariés (hommes et femmes) lors des négociations égalité ;
  • Et enfin, renforcer le lien entre l’école et l’entreprise afin de communiquer plus largement sur les métiers.

Les échanges avec le public ont été très riches et variés. Mention particulière aux lycéen-ne-s du CFA La Noue présent-e-s et notamment à Jules qui a écrit un slam dénonçant les inégalités persistantes entre hommes et femmes !

Et pour continuer les réflexions, on retiendra certains propos des intervenant-e-s :

 « On ira vers des évolutions dès que nous arrêterons de nous jeter la pierre, encore faudrait-il qu’un dialogue permanent s’installe. Par ailleurs, il faut songer à faire progresser la société par l’école, l’entreprise, la famille, les élus, les décideurs… »,  Christophe BONNOT, Groupe Id’ées.

« Il faut veiller à ne pas laisser les choses régresser en continuant à se battre. L’éducation a un rôle dans la transmission des valeurs. N’oublions pas que les jeunes ne se construisent pas seuls », Karine CASCAN, Lycée des Marcs d’Or.

« Un travail dans les entreprises et au niveau national est nécessaire. Mais il faudrait également agir sur les accords de branche. Il faut aussi faire attention à la réforme de la formation professionnelle qui pourrait accentuer les inégalités entre hommes et femmes, ces dernières demandant moins souvent des formations, il faudrait intégrer des objectifs de formation dans les accords égalité. Il ne faut pas hésiter à attribuer des postes à responsabilités aux femmes »,  Yvon DEMIGNE, CFDT.

« Il faut avoir un regard sur l’ensemble des domaines qui composent l’égalité professionnelle, il s’agit d’un sujet transversal, qui n’est pas uniquement bénéfique aux femmes. », Cécile RUFFIN, FETE.