Le sexisme dans la pub au lycée Louis Davier de Joigny

Capture écran pubs sexistesDans la continuité de la matinée « Ambition au féminin », organisée le 3 décembre au lycée Louis Davier de Joigny, deux professeures de français ont souhaité travailler plus particulièrement sur la thématique de l’égalité avec leurs élèves, dans le cadre du Plan Egalité mené avec FETE. Notre association est cette fois-ci intervenue à deux reprises auprès d’une classe de Seconde générale et une autre de Terminale Mécanique et Carrosserie Automobile (MCA) autour des publicités sexistes dans les médias.

La présentation d’une grande variété de publicités des années 50 à aujourd’hui a permis aux élèves de constater que le sexisme dans la pub ne faisait pas partie du passé. Les publicités datant des années 50-60 montrent bien l’influence et l’importance du patriarche à la maison, le mari qui seul travaille, et la femme, la ménagère, reine de la maison, entièrement à sa disposition. On y retrouve des femmes contentes de laver, repasser ou encore faire à manger, et l’objet ménager est pour elle un cadeau. Cette image a commencé à disparaître dans les années 80, grâce notamment au mouvement féministe de la fin des années 60 prônant l’émancipation des femmes. Etait-ce pour autant la fin du sexisme dans la publicité ? L’image de la femme a certes varié, mais elle est passée de la ménagère à l’objet sexuel, notamment à partir des années 90 avec l’influence de la tendance porno-chic. Une chose est sûre, même s’il ne fait pas forcément vendre, le sexe attire l’attention, et toutes les excuses sont bonnes pour montrer une femme nue. Il faut même aller encore plus loin pour choquer le public et faire parler jusqu’aux publicités les plus trash. Même si la femme y est souvent représentée plus indépendante et responsable, le pied d’égalité est loin d’être atteint !

A partir des stéréotypes généralement attribués aux femmes et aux hommes, des exemples de publicités ont été présentés, à l’image de la campagne de publicité Sixt montrant très explicitement que les femmes ne savent pas conduire.

En gardant à l’esprit que la publicité doit éviter d’induire une idée de soumission ou de dépendance et dévaloriser la personne humaine, en particulier les femmes, la classe de terminale va travailler sur un dépôt de plainte à transmettre au Jury de Déontologie Publicitaire (JDP), dont la mission est d’évaluer les plaintes du public à l’encontre des publicités.

La classe de Seconde quant à elle va réaliser des affiches non stéréotypées à partir de publicités très stéréotypées. Le fruit de ces travail fera l’objet d’une exposition qui sera présentée au lycée à l’occasion de la Semaine de la Mixité des Métiers et des Formations organisée par FETE la semaine du 4 au 9 avril 2016 dans l’Yonne.