Hommage à Benoîte Groult, pionnière du féminisme

Photo Benoîte GroultLa romancière et essayiste Benoîte Groult, l’une des plus grande figures du féminisme français, est morte le 21 juin. Elle s’était imposée comme l’une des grandes figures de la littérature féministe française au XXème siècle et avait fait de l’évolution du droit des femmes son combat.

Née en 1920, Benoîte Groult avait eu la jeunesse épanouie d’une fille de bonne famille élevée dans un milieu qui avait la chance d’être à la fois bourgeois et artiste. Mais elle prit vite conscience de la nécessité de s’affirmer féministe pour combattre un destin de femme tracé d’avance. Après des études de lettres, Benoîte Groult était devenue professeure, avant de faire ses premiers pas en tant que journaliste. Elle a collaboré à diverses publications, notamment dans la presse féminine : ELLE, Parents, Marie Claire… Elle a débuté sa carrière d’écrivaine en 1958 à 38 ans avec sa sœur cadette Flora, publiant « Journal à quatre mains », avant de se lancer dans le militantisme. Après ce premier succès, les deux sœurs ont enchaîné les réussites : « Le Féminin pluriel » (1965) et « Il était deux fois » (1967). Avec la publication d' »Ainsi soit-elle » en 1975, elle fut la première à dénoncer publiquement les mutilations génitales féminines. Sa vie et son œuvre font d’elle un témoin privilégié des bouleversements sociaux dans les rapports entre femmes et hommes qui ont marqué le XXème siècle. Elle refusa un poste proposé par le président François Mitterrand, mais collabora avec Yvette Roudy, sa ministre du droit des femmes, lors de la commission de féminisation des noms de métiers de 1984 à 1986. Un combat qu’elle a gagné, puisque désormais celles qui détestent se voir qualifiées d' »écrivaines » ou d' »auteures » y sont contraintes contre leur gré. Mais cela n’aura pas été son seul champ de bataille, puisqu’elle s’engagea également dans la lutte du droit à l’euthanasie, pensant qu’une femme doit pouvoir disposer de son corps, en maîtriser le désir de donner la vie, comme de se donner la mort. Elle fut une mère de famille engagée dans les mouvements et les remous de son époque.

Internationalement reconnue, Benoîte Groult n’a jamais baissé les armes, participant à tous les combats des femmes. Elle a publié en 2008 son autobiographie « Mon évasion », et a montré à quel point sa vie était une vie de combats. Elle n’a jamais confondu le combat contre l’injustice avec une quelconque guerre des sexes. Elle était du camp de toutes. La destinée de Benoîte Groult symbolise celle des femmes du XXème siècle.