FETE participe à la Semaine nationale de sensibilisation à la lutte contre les discriminations

 

Les référent.e.s du Réseau de lutte contre les discriminations de la ville d’Auxerre, dont fait partie FETE, se sont mobilisé.e.s pour la Semaine Nationale de sensibilisation à la lutte contre les discriminations. Des ateliers pour adultes et adolescents ont été animés à la Maison de quartier Sainte-Geneviève et l’exposition de FETE « Femmes et discriminations dans l’emploi » a pu être présentée au public.

 

Les discriminations nous concernent tous. Or, beaucoup d’entre nous ignorent ce qu’est une discrimination, méconnaissant la loi et son étendue. Ils peuvent ainsi subir et/ou font subir des discriminations par leurs actes ou par leurs paroles, parfois de façon consciente, souvent de façon inconsciente. Mais la lutte contre les discriminations ne se limite pas aux sanctions prévues par la loi. Elle implique une réflexion sur soi et sur son rapport à l’autre.

Dans le cadre du contrat de ville, un réseau de référents, porté par la mairie d’Auxerre et la Communauté d’Agglomération avec le soutien du Préfet, a été créé en 2015. Des volontaires issus de la ville et de différentes associations locales ont été formés et qualifiés pour écouter les publics qui se plaignent de discrimination. Ce réseau à pour rôle d’accueillir, d’écouter,  d’informer et d’aiguiller ces personnes victimes de discrimination.

C’est ainsi autour de ce sujet que la chargée de mission de FETE dans l’Yonne, avec deux autres référentes du Réseau de lutte contre les discriminations, ont proposé de débattre le mardi 27 mars avec des adultes et le jeudi 29 mars avec des adolescents du quartier Sainte-Geneviève, dans le cadre de la Semaine nationale de sensibilisation à la lutte contre les discriminations.

L’objectif était d’une part informatif. Discriminer, c’est traiter une personne moins bien qu’une autre, sur la base d’un motif interdit par la loi (art. 225-1 du code pénal). Et la loi identifie 23 motifs de discrimination dont l’âge, le sexe, l’origine, la situation de famille, l’orientation sexuelle, les mœurs, les caractéristiques génétiques, l’appartenance vraie ou supposée à une ethnie, une nation, une race ou une religion, l’apparence physique, le handicap, l’état de santé, l’état de grossesse, le patronyme, les opinions politiques, les activités syndicales, l’identité sexuelle, le lieu de résidence, la perte d’autonomie, etc.. Les domaines où se rencontrent les discriminations peuvent être l’emploi, le logement, les services publics (éducation, santé, police, etc.) ou la fourniture de biens et services (notamment les loisirs, milieu de la nuit, les prestations sociales etc.). A noter que près de la moitié des réclamations signalées au Défenseur des Droits concernent le secteur de l’emploi, alors que la compétence devrait être la seule base de recrutement ou de promotion.  Quand on parle de discrimination, il s’agit bien d’un délit, et l’auteur d’une discrimination peut-être condamné à réparer le préjudice et à verser, par exemple, des dommages et intérêts à la victime. Il est donc important de sortir de son silence et de ne pas hésiter à saisir le Défenseur des droits, déposer plainte auprès du Commissariat de police, de la Gendarmerie, du Procureur de la République ou du Doyen des juges d’instruction du Tribunal de Grande Instance. Au préalable il est possible de contacter l’association FETE, engagée depuis de nombreuses années. Elle a ouvert en 2017 un Point Ecoute Discrimination, afin d’écouter, informer et guider les personnes qui le souhaitent.

Mais ces ateliers ont aussi été mis en place pour permettre de «rendre visible l’invisible», autrement dit de révéler les situations de discriminations nombreuses et pourtant tues et d’y répondre. Très souvent les gens ne se rendent pas compte de l’illégalité de certains actes qu’ils peuvent vivre. Ainsi il s’agissait de sensibiliser les adolescent.e.s à l’égalité de traitement, la déconstruction des préjugés, en articulant l’égalité filles-garçons et la prévention et lutte contre les discriminations. L’idée est de mener ces jeunes à prendre conscience des stéréotypes et préjugés dont chacun.e peut être auteur.e ou victime, montrer comment la représentation stéréotypée entraîne des attitudes, des relations, des choix, ou des actes qui peuvent constituer des limites au potentiel de chacun.e, créer un espace de parole où les jeunes se sentent autorisés à s’exprimer sur toutes ces questions, explorer les moyens de lutte contre les préjugés et amorcer une prise de conscience afin de rendre les jeunes actrices et acteurs de l’égalité. Ces ateliers, qui ont permis des débats très riches, sont amenés à s’étendre à d’autres quartiers.

L’exposition de FETE « Femmes et discriminations dans l’emploi », inaugurée en décembre dernier à la Maison de quartier Saint-Siméon d’Auxerre, a été présentée tout le long de la semaine. Cette exposition est vouée à voyager et peut-être mise à disposition gratuitement sur demande à FETE.