Femmes et hommes sont-ils égaux dans la fonction publique ?

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Crédit photo : DDT89

Le Comité Local d’Action Sociale (CLAS) de la Direction Départementale des Territoires (DDT) de l’Yonne, en partenariat avec la Délégation Départementale aux Droits des Femmes et à l’Egalité, ont proposé lundi 7 décembre une conférence sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la fonction publique d’Etat.

Une quarantaine d’agents et cadres de la DDT, de la DIRECCTE (Direction Régionale des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi) et de la DDCSPP (Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations) sont venus écouter et débattre de ce sujet avec Claire Duchet de l’association FETE.

Madame Marie-Thérèse Delaunay, secrétaire générale de la Préfecture de l’Yonne, a commencé par rappeler que la première pierre a été posée en 1944 avec le droit de vote des femmes, et que dans la Préfectorale ce n’est qu’en 1974 qu’a été nommée la première femme sous-préfète, et en 1981 la première préfète. En 2012 les femmes n’y représentaient encore que 12 % des effectifs… Depuis la loi sur les quotas, et grâce à l’investissement de certains ministres, la nomination de femmes devrait atteindre les 40 %, même si certains freins persistent encore au-delà de ces quotas. Concernant la Police nationale, ce n’est qu’en 1972 que le concours d’inspecteur a été ouvert aux femmes, en 1974 celui de commissaire, et en 1982 celui de gardien de la paix. Du côté de la Gendarmerie nationale, les emplois ont été ouverts aux femmes dès 1945, mais pour les postes administratifs uniquement. Ce n’est qu’en 1977 que des femmes ont pu s’engager et qu’en 1983 qu’elles ont pu accéder aux corps des officiers et sous-officiers. Enfin, c’est en 1977 que la première femme a pu intégrer les sapeurs-pompiers.

Madame Delaunay a également insisté sur le poids des stéréotypes, en citant comme exemple la campagne de recrutement de 2011 de l’Education nationale. Celle-ci visait à appeler des enseignant-e-s à exercer la profession. Plusieurs associations de femmes ont réagi auprès du Ministère afin de dénoncer cette campagne très stéréotypée (code couleurs, attitudes de l’homme et de la femme…) qui a finalement été retirée.

D’une manière générale, les femmes sont plutôt adjointes et les hommes plutôt directeurs, et elle suggère de faire du mentorat auprès des collègues féminines afin de les faire évoluer vers des métiers de direction. Les femmes ne sont pas encore suffisamment constituées en réseaux pour pouvoir être solidaires. Pour appuyer notre réflexion, elle suggère la lecture du livre « La vie en rose » de Brigitte Grésy publié aux éditions Albin Michel, qui porte sur le travail au féminin et tous les stéréotypes portés par chacun.

Elle a également mentionné sa participation au Carrefour des Carrières au Féminin (voir notre article consacré à l’édition 2016 ICI) auquel elle a participé pour la première fois cette année. Alors qu’elle pensait que l’appellation de « sous-préfète » ferait peur, elle a pu échanger avec de nombreuses jeunes filles très curieuses de son métier.

Elle a conclu son discours en rappelant qu’on est souvent seul dans une fonction de direction, et que ce métier exige d’être aidé dans le foyer. C’est dans ce sens que ce type de conférence peut aider à développer le dialogue dans le milieu familial. A nous toutes et tous de porter la parole.

Carine Cohen, référente à l’égalité des droits entre les femmes et les hommes au MEDDE/MLETR (Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie et Ministère du Logement, de l’Egalité des Territoires et de la Ruralité), a ensuite présenté le protocole du 8 mars 2013, texte phare signé avec l’ensemble des organisations syndicales et décliné dans chaque ministère, qui s’articule autour de plusieurs axes comme un meilleur équilibre et partage entre vie professionnelle et vie personnelle et la prévention des violences sur les lieux de travail. Chaque année un bilan social doit être réalisé dans la fonction publique et décliné dans tous les ministères.  Sa mission de référente découle de ce protocole et doit servir à mettre en oeuvre des actions de sensibilisation, informer les agents et assurer un appui technique. Elle a par ailleurs présenté un zoom sur les chiffres de la DDT 89 en 2013, comprenant les effectifs par catégorie et la répartition femmes/hommes.

Halina Creusaton, déléguée aux droits des femmes et à l’égalité dans le département, a elle aussi présenté ses missions.

Le monde professionnel est particulièrement concerné par la promotion de l’égalité dans l’entreprise, mais aussi, tout particulièrement, dans les fonctions publiques. Plus que les autres employeurs, les administrations doivent être exemplaires dans la place qu’elles accordent aux femmes. Le statut général des fonctionnaires garantit l’égalité de traitement. Pourtant les disparités persistent dans de nombreux domaines. Les chiffres à l’appui, la conférencière a démontré qu’il reste encore beaucoup à faire pour atteindre une égalité réelle entre les femmes et les hommes au sein de la fonction publique.

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