Pourquoi est-il encore important de parler d’égalité et mixité entre les femmes et les hommes ?

FETE mène un travail de terrain pour l’égalité et la mixité, de l’école à l’entreprise, depuis une vingtaine d’années en Bourgogne et plus récemment en Franche-Comté et Champagne-Ardennes.

Malgré les années qui passent, les préjugés sur des différences « naturelles », « biologiques » entre les hommes et les femmes ressurgissent inexorablement, presque inlassablement. Et ces différences justifieraient des disparités. Les nombreuses actions que FETE enclenche en matière d’orientation ou dans la sphère professionnelle ont une portée limitée car nous nous heurtons bien souvent à des résistances, liées à des stéréotypes.

C’est en partie pour ces raisons que FETE avait prévu une visioconférence autour de l’intervention de Catherine VIDAL le 12 juin dernier. Malheureusement, cet événement n’a pas pu avoir lieu, pour des raisons « ferroviaires », indépendantes de notre volonté.

Pour exemple, en début d’année, FETE a réalisé les Carrefours des Carrières au Féminin. Manifestations devenues incontournables dans la région, ils proposent à des jeunes filles de rencontrer des femmes ingénieures, paysagistes, conductrices de train, électriciennes, etc. En circulant dans les allées, il n’est pas rare d’entendre, encore aujourd’hui, des jeunes filles se demander si ces métiers sont faits pour elles… les parents aussi se questionnent, même davantage qu’elles !

Plus récemment, FETE a lancé les Plans Égalité dans une dizaine de lycées bourguignons : des équipes pédagogiques se mobilisent pour proposer des actions de diversification des choix d’orientation. Là encore, les stéréotypes sont bien là, collants, imprégnés dans les pratiques et souvent de manière inconsciente. On pourrait pourtant penser que la mixité scolaire tend à corriger ou du moins atténuer les situations inégalitaires entre les filles et les garçons…

Egalité et la mixité, de l’école à l’entreprise

Mais les stratégies des élèves sont largement influencées par leur appartenance de genre. Quand elles choisissent l’enseignement professionnel, les filles vont rarement dans les sections industrielles : elles comptent pour 11,1 % dans l’ensemble des spécialités de la production, mais 93,8 % en habillement.

Dans l’emploi, le constat est similaire. Nous pouvons pointer des obstacles très objectifs à l’égalité professionnelle : horaires variables, temps partiels non choisis, locaux, conditions de travail, moindre disponibilité, qui assignent aux femmes des emplois moins payés, moins valorisés. Mais cela semble bien plus complexe.

 

Tout se passe comme si l’image des métiers était encore dominée par une ancienne répartition des fonctions, entre la sphère de la production, appartenant aux hommes, et la sphère de la reproduction, apanage des femmes ; comme si les fonctions domestiques traditionnellement assumées par les femmes dans l’aire familiale étaient aujourd’hui transférées dans le monde salarié. C’est ce que FETE constate dans son travail dans l’entreprise avec les partenaires de la négociation : les syndicats.

Les résistances au changement sont encore fortes. FETE a des idées pour faire avancer l’égalité professionnelle, se donne les moyens de les mettre en œuvre et de tenir le cap.

Mais il est clair que ses engagements buttent souvent sur des résistances bien souvent sous-estimées d’un sexisme très ordinaire.

Une nouvelle date d’intervention de Catherine VIDAL sera donc prochainement proposée.

Cécile RUFFIN