Ecoles d’ingénieurs : où sont les filles ?

FETE, en partenariat avec le lycée P G de Gennes de Cosne-sur-Loire (Nièvre), a organisé une table-ronde à destination des filles de 2nde. Objectifs : élargir les horizons professionnels des filles et susciter davantage d’ambition chez elles. Trois ingénieures de la Centrale Nucléaire de Belleville-sur-Loire ont répondu aux questions des élèves sur leur parcours de formation et leur métier. Un bon moyen de tordre le cou aux idées reçues concernant des métiers aujourd’hui encore fortement connotés masculins.

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En 1973, 600 femmes ont obtenu le titre d’ingénieur et elles étaient plus de 10 000  en 2013. Malgré cette évolution, la proportion moyenne de femmes parmi les ingénieurs est faible : seulement 21 %. Même la population jeune des ingénieurs demeure masculine : 1 femme ingénieure sur 17 hommes ingénieurs chez les 25-49 ans. On retrouve plutôt les femmes dans les secteurs de l’agriculture, l’industrie chimique et pharmaceutique, les industries agroalimentaires, l’enseignement, ou encore la recherche. Elles sont par exemple 23 % en agronomie et agro-alimentaire, mais seulement 6 % en génie civil.

Pourquoi encore si peu de femmes ingénieures aujourd’hui ? En partie à cause des stéréotypes qui persistent… Une étude de  2015 réalisée par Digischool a interrogé 250 hommes ingénieurs ou étudiants ingénieurs âgés de 19 à 30 ans, afin d’avoir leur opinion sur la place des femmes dans les écoles d’ingénieurs.

A la question « Souhaiteriez-vous qu’il y ait plus de femmes dans les promotions ? », 61 % estiment que les femmes manquent dans les écoles d’ingénieurs.  Autre question de cette enquête : « Les formations d’ingénieurs sont-elles adaptées aux femmes ? ».  Les hommes interrogés sont encore plus nombreux (66 %) à penser que les formations d’ingénieurs sont tout à fait adaptées aux femmes. Afin d’argumenter, ils mettent en avant certains atouts féminins qui sont, selon eux, une vraie valeur ajoutée en école d’ingénieurs : l’organisation, la rigueur, la persévérance et l’autonomie. A la question « Quelles sont les branches de l’ingénierie qui seraient plus adaptées aux femmes ? », la plupart ont répondu la chimie. Une réponse en adéquation avec la réalité, car une femme sur trois se spécialise dans cette branche ! En revanche, pour les hommes, l’aéronautique, la physique mécanique, l’électronique, les NTIC (Notions de Technologies de l’Information et de la Communication) et le génie civil ne seraient pas des spécialisations faites pour les femmes !!! Ces idées reçues montrent combien le témoignage de femmes ingénieures qui exercent dans ces branches est capital pour permettre aux femmes d’investir autant de spécialités que les hommes. Rendez-vous prochainement sur notre blog pour découvrir le portrait de trois femmes ingénieures dans le nucléaire.