Des footballeuses championnes du monde réclament l’égalité salariale

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Cinq stars américaines du football, Carli Lloyd, meilleure joueuse 2015, Becky Saerbrunn, co-capitaine, Alex Morgan, attaquante, Hope Solo, gardienne et Megan Rapinoe, milieu de terrain, ont déposé, fin mars, une plainte fédérale pour discrimination salariale contre la Fédération de football des Etats-Unis

Aux Etats Unis, ces joueuses sont bien connues du grand public, leurs matchs sont plus suivis et les équipes féminines et ont bien souvent de meilleurs résultats que leurs homologues masculins. “Nous sommes les meilleures du monde, nous avons gagné trois coupes du monde, remporté quatre fois le titre olympique“, a rappelé la gardienne Hope Solo. Pourtant, leurs salaires et primes restent inférieurs de plus de 40%. Quant les joueurs masculins touchent 6000 $ pour un match amical, et jusqu’à 17000 $ pour une victoire contre une équipe mieux classés, les primes des joueuses ne dépassent jamais les 5000 $. Un journaliste américain, Jonathan Tannenwald, note même une paradoxe incroyable : le sélectionneur de l’équipe masculine, Jürgen Klinsmann, gagne autant, voire plus d’argent que l’ensemble de l’équipe des féminines…

Nous avons été très patientes au fil des ans avec la conviction que la fédération ferait ce qu’il faut et nous rémunère équitablement” à déploré Carli Lloyd. Mais face à l’immobilisme de L’US Soccer, la fédération de football des Etats Unis, les joueuses ont donc décidé de faire valoir leurs droits en réclamant une égalité de salaire en déposant une plainte fédérale pour discrimination salariale à la fin du mois de mars. 10 jours plus tard, sans réponse de la part de leur fédération, les joueuses ont décidé de passer au niveau supérieur en menaçant de faire grève aux Jeux Olympiques de Rio. Becky Sauerbrunn esplique : « Nous nous réservons le droit de le faire, toutes les options sont ouvertes. Si rien n’a changé, si nous sentons qu’il n’y a eu aucun progrès, c’est une conversation qu’on devrait avoir. »

Hillary Clinton, engagée sur la question des droits des femmes et de l’égalité leur a apporté leur soutien, tout comme Barack Obama, qui, sans les citer directement, a évoqué le combat des joueuses dans un discours portant, justement, sur l’égalité salariale : « L’idée c’est que, si vous êtes un professeur de lycée, un dirigeant d’entreprise, un joueur de football ou un joueur de tennis professionnel, votre travail devrait être valorisé et récompensé, que vous soyez un homme ou une femme. C’est un idéal simple. C’est un principe simple. Nous ne voulons pas que certains de nos meilleurs joueurs restent sur le banc de touche. »

 

Un article à lire sur le site spécialiste du football féminin : https://www.coeursdefoot.fr/events/selections-etrangeres/fronde-internationales-americaines-plus-degalite/