Débat sur la féminisation des noms de métiers, fonctions, grades ou titres : la mise au point de l’Académie française

Début octobre à l’Assemblée Nationale, le débat sur la féminisation des noms de métiers, fonctions, grades ou titres était relancé après qu’un député eut qualifié Sandrine Mazetier de « Madame le Président ».

L’Académie française, gardienne des règles qui s’imposent dans la langue française a publié une mise au point. Morceaux choisis :

L’Académie française n’entend nullement rompre avec la tradition de féminisation des noms de métiers et fonctions, qui découle de l’usage même : c’est ainsi que nous retrouvons dans la 8ème édition de son Dictionnaire, des métiers comme artisane, postière, aviatrice, pharmacienne, avocate, bûcheronne, factrice, compositrice, éditrice et exploratrice. Dans la 9ème édition, en cours de publication, figurent par dizaines d’autres formes féminines correspondant à des noms de métiers.

Mais l’Académie française rejette un esprit de système qui tend à imposer des formes (telles que professeure, recteure, sapeuse-pompière…) qui sont contraires aux règles ordinaires de dérivation et constituent de véritables barbarismes. Elle rappelle ainsi que l’emploi du masculin à valeur générique ou « non marquée ».

L’Académie française revient également sur « Le catalogue de métiers, titres et fonctions systématiquement et arbitrairement féminisés » qui avait été publié par la Documentation française avec une préface du Premier ministre Lionel Jospin : aucun texte ne donne au Gouvernement le pouvoir de modifier le vocabulaire et la grammaire française.

académie française

Crédit photo : Wikipédia

Par ailleurs, l’Académie note qu’il convient de distinguer des noms de métiers, les termes désignant des fonctions officielles et les titres correspondants. Dans ce cas, les particularités de la personne ne doivent pas empiéter sur la fonction dont elle est investie, mais au contraire s’effacer derrière elle. Ainsi, les textes réglementaires doivent respecter strictement la règle de neutralité des fonctions. L’usage générique du masculin est une règle à laquelle on ne doit pas déroger dans les décrets, les instructions, les arrêtés et les avis de concours.

Enfin, dans la vie quotidienne (correspondances, entretiens…) la féminisation des grades ou des fonctions peut avoir lieu au motif que « cette souplesse de l’appellation est sans incidence sur le statut du sujet juridique et qu’elle permet de concilier l’aspiration à la reconnaissance de la différence avec l’impersonnalité exigée par l’égalité juridique ».

La position de FETE :

Dans ses actions visant à promouvoir la mixité professionnelle, FETE féminise les intitulés de métiers et fonctions. L’objectif poursuivi est d’agir sur les mentalités et de montrer, notamment aux jeunes filles, que tous les métiers leur sont accessibles. Ainsi, pour qu’elles puissent s’identifier et se projeter dans des filières de formation encore très masculines, nous parlons de ‘maçonne’ et ‘d’ingénieure’.

La féminisation des termes découlant de l’usage… encore faut-il forcer un peu les choses !

Pour consulter le texte dans son intégralité : http://www.academie-francaise.fr/sites/academie-francaise.fr/files/feminisation_2014.pdf