Damparis (39) : rencontre avec une collectivité exemplaire en matière d’égalité

Photo : Ville de Damparis

FETE est allée à la rencontre d’Evelyne Sagon, agente de la ville de Damparis, une commune du Jura. Elle est en charge du plan d’action sur l’égalité mis en place depuis 2014 au sein de la collectivité et nous parle du travail qui en a découlé.

En 2013, les ABCD de l’égalité sont expérimentés dans des classes de maternelles et primaires françaises. Ce programme d’enseignement, dont l’objectif est de lutter contre le sexisme et les stéréotypes de genre dès le plus jeune âge, suscite une importante polémique, notamment sur la « théorie du genre », abondamment relayée par les médias français. Cette médiatisation engendre des discussions informelles au sein de la commune de Damparis, ville de 2 746 habitant-e-s du Jura, située près de Dole.

Evelyne Sagon, agente en charge de la gestion du personnel, et formatrice spécialisée sur l’égalité femmes-hommes, propose alors à l’équipe municipale de réfléchir à un travail sur l’égalité professionnelle au sein de la commune. Un plan d’action est alors proposé à la direction des services et au Maire. Lequel, très ouvert sur ces questions, propose au Conseil Municipal le vote d’un plan d’action le 25 novembre 2014 ; plan voté à l’unanimité.

Les actions mises en place portent sur plusieurs volets afin d’agir de manière transversale et de diffuser une « culture de l’égalité » dans un maximum de domaines de compétences de la collectivité. Les élu-e-s et agent-e-s sont tout d’abord sensibilisé-e-s aux stéréotypes de genre et à « l’illusion de l’égalité », révoquant ainsi la croyance selon laquelle l’égalité serait déjà là. Un groupe de travail constitué d’agent-e-s volontaires est également formé et se réunit régulièrement afin d’évoquer des sujets divers en lien avec l’égalité au sein de la commune.

Un travail est également mené sur le volet « mixité des métiers », puisque à Damparis, comme dans la quasi-totalité des collectivités territoriales, on retrouve une forte ségrégation horizontale : les femmes et les hommes n’occupent pas les mêmes postes et les services sont très sexués (les femmes aux services administratifs et médicaux-sociaux versus les hommes aux services techniques, par exemple).

La première étape, afin d’enrayer cette ségrégation horizontale, est d’accorder une attention particulière aux contenus des offres d’emploi (féminisation des noms de postes, contenu de l’offre non-sexué, etc.). Des invitations sont également lancées à tous les agent-e-s leur proposant de passer une demi-journée de « stage » dans un service principalement occupé par l’autre sexe, afin de susciter des vocations. Enfin, il est décidé d’effectuer un recrutement strictement paritaire pour les vacances d’été, où les jeunes garçons et filles sont affecté-e-s à part égales dans les différents secteurs : filles plutôt aux espaces verts, garçons plutôt à l’entretien ou dans les bureaux par exemple. Dans le cadre de cette action, une réunion est organisée en amont de l’été afin d’expliquer la démarche aux jeunes et à leurs parents.

Des actions sont également lancées en direction d’un public plus jeune. La collectivité souhaite en effet que l’égalité soit prise en compte dès le plus jeune âge, et propose donc des sensibilisations dans les écoles maternelle, primaire et Collège.

Enfin, plusieurs actions de plus petite envergure sont menées dans le champ de la communication et du langage : application de la féminisation de tous les noms de fonction, suppression des expressions du type « mademoiselle », « nom de jeune fille », « chef de famille », utilisation de la formulation .e ou –e (comme c’est le cas dans tous les articles de FETE) dans les écrits internes. Des livres pour enfants aux histoires non-stéréotypées sont également achetés pour les écoles de la ville, des flyers sur les jouets non-sexistes sont distribués au personnel communal à Noël et un article est consacré à l’égalité à chaque parution du magazine municipal.

Le cas de Damparis vient donc confirmer que la mise en place d’actions concrètes pour favoriser l’égalité réelle entre les femmes et les hommes est possible, y compris pour les petites communes possédant peu de moyens financiers et n’étant pas soumises aux obligations légales*. Les conditions sine qua none à la réussite d’un tel projet sont une réelle volonté politique, la mobilisation de la direction générale et l’engagement et l’énergie de personnes motrices et convaincues par le sujet de l’égalité. Notons également que cet espace d’expression créé pour un sujet comme celui de l’égalité participe à faire progresser le dialogue social au sein de la commune.

Si vous souhaitez vous aussi travailler ce sujet au sein de votre collectivité, n’hésitez pas à nous contacter. Nous pourrons vous épauler dans vos démarches ou vous mettre en relation avec des personnes ayant mené à bien de tels projets.

*La législation en matière d’égalité dans la fonction publique territoriale ne s’adresse aujourd’hui qu’aux communes de plus de 20 000 habitant-e-s. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter la page du site internet de la fonction publique  consacrée à l’égalité femmes-hommes: http://www.fonction-publique.gouv.fr/legalite-professionnelle-entre-femmes-et-hommes