Cosne-sur-Loire : FETE s’invite à l’accueil de loisirs du Centre Social

Dans le cadre de la Semaine de la Mixité des Formations et des Métiers, FETE a rencontré des enfants de 4 et 5 ans qui fréquentent l’accueil de loisirs au centre social. Objectif de cette rencontre : déconstruire les stéréotypes autour des jouets et des jeux. Car c’est dans le choix des jouets que la différenciation des sexes est la plus marquée : les garçons poussent des voitures et les filles poussent des poussettes.

4-5ANS

Chaque année, sous le sapin, des petites filles reçoivent des poupons et tout le matériel pour bien s’en occuper, des dînettes ou encore une mallette complète pour faire le ménage ; les garçons eux se voient offrir des jeux de construction ou des kits d’apprenti scientifique.

La séquence a commencé par une histoire, l’histoire du petit Shou, un ours brun qui rêve de recevoir pour son anniversaire l’encyclopédie qu’il regarde tous les jours dans la vitrine du libraire. Il a tellement envie d’apprendre, de découvrir des pays… Et sa passion c’est la lecture. Problème : la lecture c’est pour les filles et son père lui offre un ballon de foot. Quand le petit Shou ose lui dire qu’il n’aime pas le foot, le père répond : « Mon fils, tu es un ourson et les oursons n’ont pas besoin d’apprendre des tas de choses dans les livres. Par contre, tous les vrais oursons doivent savoir jouer au foot. »

A la fin de l’histoire, tout s’arrange ; le père offre l’encyclopédie à son fils et Shou offre le ballon à son amie Rose qui adore le foot.

Autre contexte et autre histoire via une chanson : La Fée Samia et la Fée Youssef. Pour Noël, Kevin a reçu un ballon de rugby et Manon une Barbie. Mais les fées sont passées par là et avec leurs baguettes magiques ont échangé les jouets : Manon peut jouer au rugby et Kevin à la Barbie.

Des univers où les filles peuvent jouer au foot et au rugby et où les garçons peuvent jouer à la poupée et s’adonner à la lecture. Mais la réalité nous rattrape vite : les petits garçons nous expliquent qu’ils jouent avec des circuits, des voitures, des jeux de construction, des supers héros les Avengers et que les filles ne peuvent pas jouer avec  « parce que les filles, elles peuvent jouer avec les dînettes et les poupées ». Les filles semblent beaucoup plus attirées par les châteaux (rose de préférence) et les princesses. La mallette pour jouer sur la plage et le kit de jardinage, multicolores, remportent du succès dans les deux camps.

Le jouet occupe une place prépondérante dans la vie des enfants et a une conséquence non négligeable sur leur apprentissage des rôles dans la société, et notamment dans le domaine du travail.  Les métiers représentés au travers des figurines, personnages, poupées et autres poupons influencent fortement la différenciation sexuée.  Il n’y a qu’à ouvrir les pages d’un catalogue de jouets pour comprendre : les métiers présentés au travers des jouets dans les « pages réservées aux garçons » sont nombreux et variés : pompier, garagiste, pilote, chauffeur routier, informaticien, scientifique… Par contre, dans les pages consacrées aux filles, les métiers représentés sont moins nombreux et tournent tous autour de la maternité, du ménage, du soin, ou encore de la vente.

Travailler sur les jouets et leur symbolique n’est pas anodin. En effet, le pouvoir d’action des jouets déborde largement de la sphère ludique puisqu’ils transmettent aux enfants des valeurs qui sont réinvesties dans d’autres champs, notamment celui du monde professionnel. Mais comment combattre ces différenciations face aux professionnels du jouet qui misent sur cette différenciation pour faire du chiffre d’affaires…