Cosne-sur-Loire : FETE s’invite à la halte-garderie Les Lutins

A la halte-garderie Les Lutins du centre social de Cosne-sur-Loire, chez les 2-3 ans, la couleur fait la loi et divise déjà filles et garçons.

Durant la Semaine de la Mixité des Formations et des Métiers, FETE a animé une séquence ludique auprès d’un petit groupe d’enfants âgés entre 2 ans et demi et 3 ans.

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La séquence s’est ouverte sur la lecture d’une histoire, l’histoire de Léo dont le papa fait la cuisine, va chercher la petite sœur de Léo à la crèche et fait prendre le bain aux enfants parce que la maman, architecte, rentre tard à la maison après des rendez-vous importants.

Pas de réactions particulières face à ces « rôles inversés », mais là où les différences filles-garçons ressortent, c’est quand on parle de jouets et de couleurs. « Un vélo rouge et vert, c’est pour les garçons ». « Un château rose, c’est pour les filles ». On s’aperçoit qu’un jouet en lui-même n’est pas encore stéréotypé chez les petits mais que c’est la couleur de ce jouet qui leur fait dire s’il est pour une fille ou un garçon : le code visuel est sexiste, les couleurs sont ici porteuses de stéréotypes. Alors évidemment, « le chariot rose c’est pour les filles, et le bleu c’est pour les garçons ».

L’univers des êtres humains est codé via des couleurs dès le plus jeune âge. Les bébés sont entourés d’objets de couleurs différentes selon qu’ils sont des filles ou des garçons : les vêtements, les objets de décorations dans les chambres, les jouets… On leur colore leur univers différemment.

Ce phénomène prend toute son ampleur vers l’âge de 2-3 ans, lorsque le bébé prend conscience qu’il est une fille ou un garçon. Les pages dans les catalogues de jouets sont roses pour les filles, bleues pour les garçons ; les vêtements sont très colorés pour les filles, un peu moins pour les garçons.

Pourtant cela n’a pas toujours été ainsi. Au Moyen-Age, les petits enfants étaient vêtus de robes blanches jusqu’à l’âge de 6 ans. Le bleu, couleur associée à la Vierge Marie, était donc attribué aux filles, tandis que le rose, qui est un rouge pale, était associé au sang, à la guerre et donc aux garçons. Puis, cette tendance s’est inversée au début du 20ème siècle : le rose est devenu le symbole de la tendresse, de la séduction et donc attribué aux filles, tandis que le bleu est associé aux garçons. D’après Priscille Touraille, anthropologue sociale, « L’outil de la couleur sert d’abord aux adultes, surtout en dehors du cadre familial, à connaitre le sexe des enfants dans le but de faire passer les « bons messages » quant à leurs qualités féminines et masculines escomptées » : à cause des stéréotypes, la plupart des adultes associent inconsciemment la douceur aux filles et l’aventure aux garçons.

Ainsi, pour se conformer à ces qualités dites « naturelles », et pour éviter qu’on se moque de leurs enfants, les parents ne transgressent pas ces codes. Mais c’est aussi par peur d’influencer la sexualité de leurs enfants que par exemple, on ne choisira jamais le rose pour habiller son petit garçon.

Pour faire tomber cette dictature des couleurs, les agences marketing ont leur rôle à jouer car elles contribuent très largement à nourrir et véhiculer ces codes coloriels.