Cosne-sur-Loire : Echange autour des activités de loisirs au Centre Social

Durant la Semaine de la Mixité des Formations et des Métiers, FETE a animé des séquences de sensibilisation à destination d’enfants inscrits sur l’accueil de loisirs au Centre Social de Cosne-sur-Loire.

Interrogés sur leurs loisirs préférés, les enfants, âgés de 6 à 11 ans, évoquent (et on s’y attendait) des activités différentes selon qu’ils sont filles ou garçons. Aucune fille ne fait du foot et aucun garçon ne fait de la danse (ou alors c’est du hip-hop).

6-8 ANS

Même si la majorité d’entre eux est d’accord pour dire que toutes les activités de loisirs sont ouvertes aux filles comme aux garçons, force est de constater que dans ce domaine aussi, la segmentation est présente. Les chiffres sont révélateurs : 96 % des licenciés des clubs de football sont des garçons tandis que 93 % des licenciés dans les clubs de danse sont des filles. Ces clivages dans le sport ne sont pas les seuls. Les filles sont largement majoritaires dans les activités artistiques, amatrices : elles représentent 55 % des élèves des écoles de musique et 66 % de ceux inscrits dans des cursus d’art dramatique.

Dès la petite enfance, filles et garçons sont menés vers des activités traditionnelles au regard de leur sexe. La télévision, les parents, les jouets, les livres, les dessins animés … tout contribue à les emmener là où ils sont attendus par la société. Les qualités dites naturelles que l’on attribue aux garçons et aux filles dès leur naissance les poursuivent partout.

Ainsi,  la danse est définie par la grâce et l’élégance qui sont des qualités dites « féminines » et non pas par la virtuosité ou l’exploit musculaire. Il en est de même pour les jeux vidéo, avec la compétition, le combat, la puissance qui sont des qualités dites « masculines ». Et donc, par leurs activités de loisirs, les enfants se définissent en « vraie fille » ou « vrai garçon ». Même certaines activités qui semblent mixtes ne le sont pas vraiment, et on peut citer ici la télévision. Il est vrai que filles et garçons regardent la télévision, mais ils ne regardent pas la même chose. Des études montrent que les filles préfèrent regarder les sitcoms et les émissions de télé-réalité, tandis que les garçons sont plus attirés par les émissions consacrées au sport, les émissions comiques ou encore les jeux.

Ces différences dans les choix d’activités de loisirs s’expliquent aussi par l’influence des parents qui se spécialisent sur certaines activités selon leur sexe : les enfants écoutent le plus souvent de la musique avec leur mère par exemple et jouent aux jeux vidéo avec leur père.

Certains enfants néanmoins sortent du cadre en pratiquant une activité moins traditionnelle au regard de leur sexe. Mais cette transgression n’est pas toujours facile à assumer, notamment vis-à-vis du groupe d’amis. Filles et garçons ont des tactiques différentes pour se fondre dans le moule. Les filles, qui jouent de la trompette par exemple, vont ainsi avoir tendance à dissimuler leur genre et à imiter les garçons dans le cadre de leur activité c’est-à-dire ne pas se maquiller ou mettre des vêtements neutres. Les garçons qui pratiquent la danse, affichent quant à eux leurs performances physiques et musculaires devant leurs amis pour prouver le caractère sportif et donc masculin de leur loisir.

Le monde de la culture devrait être un lieu d’autonomie et d’expression de son individualité où chacun est censé être libre de choisir ces loisirs en fonction de ces goûts personnels. Apparemment il n’en n’est rien puisqu’on assiste actuellement à un renforcement des clivages de genre.