11 mars 1986 – 11 mars 2016 : 30 ans de querelles autour de la féminisation des noms

égalité au fémininLancée le 11 mars 1986, la féminisation des noms de fonctions et métiers n’a jamais réussi à s’imposer pleinement en France. Trente ans plus tard, si certaines appellations sont entrées dans le langage courant, d’autres peinent encore à trouver leur place.

La ministre, la juge, la préfète, la militaire… Voilà trente ans que la féminisation des noms a fait son apparition officielle dans l’Hexagone. En effet, il existe en France un cadre juridique qui encourage l’utilisation du féminin des noms de métiers dans les textes règlementaires et dans tous les documents officiels émanant des administrations et établissements publics de l’État.

Inspirée par Yvette Roudy, première Ministre aux Droits des Femmes, la première circulaire du Premier ministre du 11 mars 1986 relative à la féminisation des noms de métiers, fonctions, grades ou titres date de 30 ans.

Constatant l’inapplication de la première circulaire de 1986, le Premier Ministre Lionel Jospin a réitéré cette obligation dans une circulaire du 6 mars 1998 relative à la féminisation des noms de métiers, fonctions, grades ou titres.

Dans la foulée a été publié en 1999 un guide à la Documentation Française pour féminiser quelques 6 000 noms de métiers : « Femme, j’écris ton nom… : guide d’aide à la féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions ».

Cet ouvrage peut s’enorgueillir de seulement quelques succès et pas mal d’avatars…

Les termes d’écrivaine, docteure, ou encore professeure sont désormais à peu près entrés dans l’usage, mais beaucoup plus difficile avec ceux d’officière, bucheronne, ou zingueuse… Quant aux métiers de marin ou médecin, leur féminin reste encore à inventer…

Pourquoi ? Parce qu’en France, pays de Victor Hugo, de Molière et de l’Académie Française, tout ce qui touche aux mots est vécu comme une atteinte à nos institutions.

A noter que le débat est bien moins houleux dans les autres pays francophones, où la course à la féminisation est déjà gagnée. Nos cousins belges et québécois n’hésitent d’ailleurs pas à parler de «sapeuses-pompières» ou d’«auteuses»…